Tendances (design) 2020

6 janvier,
par Romy Têtue


Nécessaire révolution du design de service public

« Le futur de la transformation publique est un meilleur design » — Lou Downe

Une révolution s’est amorcée dans le design de service public, notamment avec la publication de plusieurs design system d’État et la création d’une communauté internationale. Celle-ci atteint enfin la France, avec le programme Designers d’intérêt général qui a pour objectif d’aider les administrations à améliorer l’expérience utilisateur (UX) de leurs services. Le vent tourne mais l’enjeu est de taille : c’est toute une culture bureaucratique qu’il faut dépoussiérer pour éviter de perpétuer le fiasco des démarches administratives numériques (Parcoursup, ANTS…) et lutter contre l’exclusion numérique pour, urgemment, endiguer le recul de l’accès aux droits avant la dématérialisation totale prévue pour 2022.

La start-up nation se rebiffe

Les start-up sont désormais tournées en dérision, au point que les « start-up d’État », dénomination pourtant antérieure à l’expression macroniste [*], songent à se renommer et chassent le bullshit English. Signe que la tech ne se résume pas à cette start-up nation, des travailleurs et travailleuses (free, public, privé) du numérique appellent à la grève fin 2019. Début d’un techlash français ? Oui. S’il y a encore beaucoup de techno-béats enthousiasmés par la digitalisation, l’automatisation et l’IA, comme si ça allait sauver le monde, la critique émerge. Contre l’ubérisation, la surveillance de masse… les mobilisations des travailleurs (précaires mais aussi cadres) du secteur technologique sont de plus en plus nombreuses. La tech sort de l’adolescence.

Greenwashing à fond

Une photo de la militante écologiste Greta Thunberg parmi les touillettes en plastique pour pour dissuader de s'en servir.

Pas de relooking vert — ou alors discret, pistache, avec des teintes naturelles, paille et ciel orageux — mais surtout des illustrations fun, parce qu’on a trop peur… de tirer la gueule comme Greta Thunberg, laquelle s’utilise en nudge pour dissuader d’utiliser des gobelets à usage unique. Au bureau, on se demande comment éviter les touillettes en plastique et les post-it… mais sans vraiment remettre en question nos usages des outils informatiques, autrement plus polluants : on invite à supprimer les mails archivés, mais on envoie toujours autant de messages superflus, et on continue de fabriquer des sites obèses, d’utiliser Netflix, Youtube, Facebook ou React… On s’y prend peut-être n’importe comment, avec de minuscules actions qui donnent bonne conscience mais, positivons, plus personne ne doute de l’urgence climatique. À la maison, grosse tendance au DIY : on fabrique sa lessive et ses cosmétiques soi-même… mais c’est encore les femmes qui s’y collent.

Les hommes checkent leurs privilèges

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La vague #metoo ne retombe pas : les femmes ne se taisent plus. En 2019, la honte a changé de camp, marquée par une manifestation historique en marée violette. « Elles sont fortes. Elles sont fières, et féministes et radicales et en colère. » Face à l’impunité persistante, elles maintiennent la pression avec de nouvelles formes d’actions. Le gouvernement s’en fout, avec des effets d’annonce sans effet sur le nombre de féminicides. Les machos et les mascus, se sentant menacés, se font plus agressifs, tandis que les hommes commencent à prendre conscience de leurs privilèges : Boris les liste, raconte sa parentalité, Raphaël apprend à écouter, @UnMondeRiant trouve ça dur, @kopp_art rappelle que Men are trash… Lentement, trop lentement, mais surement, le monde change, et c’est cool.

Le clitoris sort de l’ombre

En 2019, on a vu le clitoris s’afficher dans les rues, se porter en pendentif, en broche, on a vu des vulves chanter dans une publicité et enfin un emoji goutte de sang apparaître pour signifier les menstrues. L’anatomie du sexe féminin sort du tabou et de l’ignorance, non sans choquer. Ce n’est donc pas fini : on devrait continuer d’en voir… jusqu’à ce que ça nous semble aussi banal que les graffitis de bites ou, au moins, qu’il soit correctement décrit dans les encyclopédies médicales et les manuels scolaires. Évidemment, les marques sont déjà sur le coup, comme Saforelle qui propose la page manquante.

Toujours des couleurs audacieuses

Après les dégradés violet fuchsia, on évitera (ou pas) le jaune fluo qui rappelle les gilets et le violet des féministes… Stéphanie Walter a osé cette association pour son site avec bonheur. Mais fini les néons, on prend des tons moins flashy que l’an passé. Pour faire les bons choix, utilisez le color tool de material design, mais aussi Leonardo, accessible color palette builder, ou autres, pour garantir des contrastes suffisants avec ces couleurs audacieuses. Côté déco et fringues, ce sera pistache, ciel, cassis, melon, sienne, tandis que je craque pour des couleurs naturelles rassurantes, comme le magnifique bleu pétrole réveillé de caca d’oie, un peu moins sage que le Pantone 19-4052 Classic Blue désigné couleur de l’année…

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