T’as qu’à bosser dans le train !

10 décembre 2008,
par Romy Têtue

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Autrefois j’étais une working-girl guillerette, qui aimait les gratte-ciel et les open-space. Toujours célibattante, je me mis à mon compte, travaillant depuis mon domicile. Pour les rendez-vous, quelqu’ils soient, je comptais environ 20 mn de transport, où que j’aille.

Autrefois, je n’avais pas l’angoisse du dernier métro ou du dernier train. Je n’avais pas à chercher où garer ma voiture, ni à me soucier d’en payer l’essence, l’assurance et le parking. Je n’avais pas à pédaler non plus. De bonnes chaussures de ville — c’est-à-dire de marche — suffisaient à me ramener chez moi. Quand j’avais la flemme, je levais le bras pour me laisser conduire par un taxi. C’était la belle vie.

J’étais bien installée, au cœur du monde, c’est-à-dire du mien, celui que j’aimais et où il faisait bon vivre. Je travaillais quand il me plaisait, c’est-à-dire toujours, car mon boulot, tout nouveau tout beau, me plaisait beaucoup. Je ne gagnais pas encore de quoi bien vivre, mais j’étais heureuse.

Aujourd’hui, j’habite une jolie maison de province avec jardin, ce qui vous fait baver d’envie. J’exerce toujours le même métier, en télétravail, à une grosse heure de distance de ma clientèle et de mes collaborateurs, qui restent majoritairement parisiens. Mais pour honorer le moindre de mes rendez-vous, je dois désormais prendre une demi-journée et dégager rien moins de cinq heures de mon planning [*]. Oui cinq heures. Minimum.

Vous me dites :
— Zen ! C’est super, c’est l’occasion de décompresser, respire ! T’as qu’à en profiter pour te reposer ou pour méditer.
— Ah, c’est bien une considération de parisienne speedée, ça ! Réfléchis, j’ai au moins deux heures et demi de transport, aller et retour compris : tu t’imagines vraiment que je vais méditer des heures durant !? Oooomm... D’accord, il m’arrive parfois de piquer un somme à l’aller, mais pas au retour : c’est bon, j’ai eu ma dose ! Et je trépigne. Car franchement, qui peut se payer de luxe de perdre ainsi son temps chaque semaine ? Au total, ça me coûte rien moins que cinq heures hebdomadaires, soit 14 % de mon temps de travail.
Tiens-tiens... en regardant autour de moi, je constate qu’il n’y a que des femmes et des vieux parmi les voyageurs qui partagent ma voiture. Je comprends : seuls les retraités et les femmes sans emploi peuvent perdre ce temps-là. Me voici propulsée dans la catégorie vieille peau, sans avoir eu le temps de m’en rendre compte, en sautant les cases maternité, amants, ménopause et compagnie. Je n’ai pas vue ma vie passer que je suis déjà sortie du jeu. Mais bon. Tout va bien puisque j’ai un jardin, n’est-ce pas ? J’ai juste pas le temps d’en profiter, puisque je le perds en déplacements, mais tout va bien. Zen.

Vous me dites :
— T’as qu’à bosser dans le train, comme tout le monde !
— Hééé, mon train, ce n’est pas le Thalys, hein : y’a pas de connexion wifi et le confort est... comment dire... C’est de la ferraille sur roulettes qui brinqueballe tellement que lire un magazine y relève de l’exploit. Impossible de suivre les lignes, qui tressautent, ça file la migraine. N’espérez pas y dormir non plus : la tête rebondit sur le carreau, ça file des bosses. On est parfois tellement serrés dans le Transilien du soir, que le voisin d’en face doit intercaler ses grandes guiboles entre mes genoux : c’est non seulement assez désagréable, mais... impossible de conserver l’usage de mes genoux pour y poser mon ordinateur !

Vous me dites :
— Rôh, tu exagères ! C’est pas que des boîtes à conserve, si ?
— Tu as raison. Il y a aussi quelques trains Corail Intercités, plus confortables. Et je ne suis pas au bout du monde : la région est bien desservie et nous promet mieux encore. En attendant, faut juste jongler avec les horaires. Sans compter les retards et annulations. Même les grèves des transports parisiens m’emmerdaient moins !
J’ai toujours adoré les trains et ne croyez pas que je critique la SNCF qui fait juste ce qu’elle peut avec les territoires traversés et a toujours une réelle bonne raison pour les retards des trains que je prends : tempête, travaux sur les voies, suicide, signal d’alarme tiré abusivement dans le train précédent, alerte météo, etc. C’est tout simplement le lot des gens du pays. C’est bien ça le problème : qu’est-ce que je fous là, à me peler les miches depuis 20 mn sur ce quai si pittoresque !??
Il arrive parfois que le train que je m’apprêtais à prendre soit annulé, sans préavis. Il est souvent remplacé par un bus, lequel peut mettre jusqu’à trois heures, sans pause pipi, pour monter à la capitale. Si.

Vous me dites :
— T’as qu’à pas aller à tous ces rendez-vous. En faire moins.
— C’est sûr que, dès lors qu’il faut y claquer cinq heures de son temps, le moindre rendez-vous paraît superflu. Oui, je limite mes déplacements. J’ai déjà supprimé les apéros-geek hebdomadaires, les soirées amicales, les réunions mensuelles et autres raouts professionnels. Je me suis bien déssocialisée. En fait, tout m’incite à penser que je ferais mieux d’arrêter. Oui, tout serait vraiment plus simple si j’étais « femme au foyer ». J’ai déjà perdu 50 % de mon chiffre d’affaire car ma clientèle se débine de me savoir en province. Et je la comprends, vu les déboires de planning et la baisse de rentabilité que cela occasionne ! À ce stade-là, si je ralentis encore mon activité, autant l’arrêter et me proclamer ermite, non ?

Vous me dites :
— Mais pourquoi aller si loin ? T’as qu’à te refaire une clientèle locale !
— Mouarf ! Ici ? C’est à peine s’ils connaissent l’existence d’Internet. Faut vraiment voir le site de la municipalité pour y croire : même nos gamins font mieux ! Une anecdote ? Le chef de gare me regarde d’un air ahuri lorsque je lui dit, dépitée, que le train que je m’apprêtais à prendre, qui selon ses dires « ne circule pas aujourd’hui » est au contraire annoncé sur le site web de la SNCF que je viens de consulter. Il me répond alors : « bin c’est pourtant marqué sur l’affichette du hall »... Internet ? Y connaît pas. Y’z’en ont pas besoin par ici. Nâân. Y viennent lire les affichettes polycopiées en gare. Meuh si. Comme si j’avais que ça à faire !
Me faire une clientèle, ici, où tout reste à inventer ? Je n’ai pas l’âme d’une missionnaire. D’autres feront ça mieux que moi.

Vous me dites :
— Et pourquoi pas changer de job ?
— Ah mais oui, je pourrais être employée dans le coin ! Sauf que, faut pas se leurrer... D’abord je ne trouverais pas de poste dans les NTIC, mieux vaut me ré-orienter immédiatement (nan mais euh). Ensuite, les jeunes couples fraîchement arrivés dans la région avec lesquels j’ai discuté n’arrivaient pas à retrouver un emploi chacun (l’agglomération présente un super taux de chômage de 9,6 %). Leurs femmes, quand bien même diplômées, en profitaient pour faire un enfant, puis restaient au foyer pour s’en occuper. Quel gâchis ! Tout compte fait, j’ai de la chance d’avoir encore du boulot. Et strictement aucun intérêt à le lâcher.

Vous me dites :
— Et impossible pour toi de revenir à Paris ?
— Il va effectivement falloir y penser.

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Vos commentaires

  • Le 12 décembre 2008 à 16:46, par Jacques Pyrat En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Une question de plus : pourquoi travaillant sur Internet, tu as des clients qui veulent absolument des réunions en personne ?

    Pour ma part, mon expérience et que les clients qui nécessitent des réunions sont ceux qui font perdre le plus de temps, qu’ils soient à 20mn de marche ou à 4h de train. Donc, dans mes devis, les réunions sont chiffrées avec un coût équivalent à une journée de travail. Tout de suite, y’a moins de réunions...

  • Le 12 décembre 2008 à 17:12, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    • D’abord, ce n’est pas parce que je travaille dans le Web que je suis une cyborgue : j’ai toujours préféré les rencontres réelles à celles internautiques.
    • Ensuite, je suis entrepreneuse ET salariée, immatriculée à Paris, et on ne travaille jamais aussi bien qu’en voyant ses collègues et collaborateurs aussi souvent que possible.
    • Enfin, mes rendez-vous ne sont pas que professionnels, mais aussi médicaux, amicaux et tout le reste.
  • Le 12 décembre 2008 à 17:21, par Thierry Régagnon En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Je te trouve très modérée comparé à mon avis sur la SNCF. Après plusieurs années à devoir supporter (oui, supporter) les transports en communs dans la banlieue parisienne, je n’ai plus aucune compréhension pour la SNCF. A focaliser la majorité de leurs efforts sur les lignes à grandes vitesses, ils oublient qu’une grande partie d’employés (et donc d’entreprises) comptent sur eux pour les trajets de banlieue...

    Après mes voyages au Japon, je considère les transports de banlieue ferré français comme une farce. J’ai entendu le président de la SNCF dire à la télé que l’on ne pouvait malheureusement pas espérer voir un jour en France le même niveau d’efficacité qu’au Japon. Je crois que cela en dit long sur le volonté de la SNCF de s’améliorer...

    Je me marre beaucoup quand on dit aux gens de s’installer en province ou de prendre les transports en communs. Car en tenant compte du service offert par la SNCF, c’est se foutre de la gueule du monde. Comme tu le dis, il est dur de profiter des avantages de la province le matin ou le soir, quand la majorité de la journée se passe dans les gares et les trains (souvent dans un piteux état)...

    Tout ça pour dire que je comprends ce que tu endures. Et que selon moi, le principale problème est la SNCF. Bon courage.

  • Le 12 décembre 2008 à 17:40, par lara En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    bonjour romy

    c’est vrai que le site web fait peur et la ligne SNCF doit être du meme topo.
    J’ai longtemps fait des AR paris-lisieux mais sans ces soucis récurrents.

    en fait c’est la grande banlieue et pas encore la province, ça n’intéresse personne.

  • Le 12 décembre 2008 à 21:20, par Pascale En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Je rejoins l’avis de Lara : il faut peut-être vivre carrément plus loin de Paris. Certes, le billet de train coûte plus cher, mais en temps, c’est plus court.

    Pour aller de ma cambrousse Normande à Paris, il ne me faut que 1h30, donc 3h aller-retour, dans des trains pas trop inconfortables.
    Je ne compte pas le métro là-dedans, mais il est sûr que c’est forcément moins de 2h (sauf quand c’est ParisWeb, que la RATP doit haïr, mais ça, c’est une autre histoire ;) )

    Et dans ma cambrousse, les loyers sont moins chers et les impôts aussi, et on a même internet ! ;) ... (mais certes, pour aller au cinoche, c’est l’expédition !)

  • Le 12 décembre 2008 à 23:04, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Oui, en me relisant, je me disais justement que j’aurais mieux fait de m’installer en Lozère...

    - soupir -

  • Le 13 décembre 2008 à 20:15, par tOnGAs En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Je te trouve presque trop gentille avec la SNCF. Je subis des trajets en train de trente à quarante-cinq minutes tous les jours, deux fois par jour. Les retard, je connais. La glandouille dans le froid, aussi (j’habite dans l’est). Et j’ai coutume de dire que quand un train arrive à l’heure, c’est que quelque chose a mal tourné !

    N’espère pas de trouver un confort luxueux dans les nouveaux trains que la SNCF met progressivement en place. Pensés par des designers anorexiques, serré contre son voisin, inutile d’espérer pouvoir sortir un ordinateur portable ! Ce sont surtout des nids à courant d’air parsemés de zones « sauna » lorsque l’on a le malheur de s’asseoir trop près d’un chauffage.

    De toute façon, le transport régional n’est plus la priorité sur les voies ferrées. C’est TGV, TGV et encore TGV (pour faire bonne mesure).

  • Le 14 décembre 2008 à 18:09, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Oui, à y repenser, je suis trop gentille avec la SNCF.

    Notre monde moderne semblait le permettre et j’avais décidé de ne pas écouter mes réticences : puisque tous les parisiens de mon entourage en rêvent (moi pas, mais ça doit pas être si horrible si tant de gens sensés en bavent d’envie, me suis-je dis) et que divers médias en vantait les mérites, pourquoi pas effectivement garder son boulot parisien et vivre à la campagne, grâce aux facilités de transport et même mieux : en télétravail.

    Moralité : le rêve tant répandu du télétravail à la campagne reste un gros bobard tant que les transports en commun ne seront pas à la hauteur.

  • Le 15 décembre 2008 à 15:06, par RastaPopoulos En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    T’as qu’à pas bosser TOUT COURT.

    Franchement, je ne saurais absolument pas quoi répondre en tant que vraie solution, car pour moi Paris est une totale incongruité spatio-temporelle. À la fois europhage et chronophage. En vivant à Paris, l’argent gagné à prendre moins de transport il est perdu dans le loyer exorbitant, et le temps gagné à prendre moins de transport, il est perdu à travailler plus pour payer ce même loyer ou n’importe quoi d’autres dont on a besoin pour vivre.

    Tu dis aussi que du coup tu t’es totalement dé-socialisée, mais c’est un gros problème (qui n’est pas spécialement de ta faute, ça vaut pour la plupart des gens) : on est trop socialisé par le travail (collègue, entourage professionnel, etc). Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont une vie sociale riche en dehors du travail (y compris en dehors des geekeries genre SPIP ou tout ce qui touche à l’ordinateur).

    Personnellement, je suis contre Paris (et sa banlieue y compris lointaine, ainsi que contre le concept de « province », corollaire de Paris). En plus j’aime pas les grandes villes en générales. Donc c’est pas moi qui vais t’aider sur ce point.

    Faut partir, partir loiiiiiin.

    Et surtout : faut arrêter l’informatique !!

  • Le 15 décembre 2008 à 15:29, par RastaPopoulos En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Ah si j’ai une autre chose qui fait partie des vraies solutions : ne pas être indépendant. Ne pas être son propre petit entrepreneur se vendant lui-même sur le marché du travail.

    Pour faire face, il faut à mon avis être en collectif, en coopérative, etc. Quand il y a un problème on fait face à plusieurs, et on est tous responsables. Par exemple, la majorité de nos clients sont au Pays Basque, tandis que moi je suis à Bordeaux. Et bien ce n’est pas moi qui vais au rendez-vous qui sont loin de chez moi.

  • Le 17 décembre 2008 à 15:45, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Tous les horaires de train ont changé depuis le 14 décembre, pour un mieux paraît-il (« cadencement » qu’y disent).
    J’ai bientôt un train à prendre, mais pas moyen de consulter ces nouveaux horaires : aucun dépliant n’est disponible et le site web est impraticable depuis deux jours. Finalement il faudra aller les chercher en gare, le jour du départ, sous la forme d’une bonne vieille photocopie. Pff...

  • Le 7 janvier 2009 à 23:26, par Significative En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Salut Romy !! En tout cas, pour une provinciale dans son jardin, tu fais du sacré beau boulot lol
    Si ça peut te rassurer, la situation de mère-entrepreneuse isolée banlieusarde sans jardin c’est pas piqué des haricots non plus, le tout est de garder la têtue haute !!
    Excellente année 2009 à toi, avec plein de contrats et sans réunionite ! bises

  • Le 11 mars 2009 à 22:47, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Discussion entendue dans le train, taleur :

    Comment veux-tu justifier ton retard, à force !? Surtout quand ça t’arrive 3-4 fois par mois, on te répond “La SNCF, elle a bon dos ! À d’autres !” Alors maintenant, quand le train arrive en retard, je vais demander un coup de tampon pour le certifier.

    Ce soir, j’aurais du rentrer chez moi au chaud à 20h... il est bientôt 23h, j’ai faim et chu frigorifiée à force d’avoir attendu sur les quais de gare...

  • Le 1er juin 2011 à 21:33, par Oliv En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    LOL Voilà un vrai billet de Parisien(ne)...
    Si, on a bien « l’internet » en Province, même qu’on est capable et motiver de prendre un train pour venir à Parisweb... Pourquoi (réellement) ne pas te chercher, petit à petit, une clientèle autours de chez toi ?!...

  • Le 6 juin 2011 à 09:30, par Romy Têtue En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Oliv, je suis contente que ta vie te convienne (réellement), mais il y existe des endroits excessivement mal desservis en France, pays trop centralisé. Ce n’est pas leur rendre service que de le nier.

  • Le 21 juillet 2014 à 10:21, par Ben En réponse à : T’as qu’à bosser dans le train !

    Moi qui prends le train comme toi tous les jours pour me rendre à mon travail (habitant Paris même, j’ai 2h de transport A/R pour me rendre à mon job et rentrer chez moi). Les samedi et dimanche, je les passe très souvent en weekend hors de la région parisienne. N’ayant pas de voiture, la SNCF est devenue, par obligation, « mon amie ». Habitué des retards, des contretemps, des places attribuées en double... etc. Pour rendre mes trajets plus agréables, j’emporte souvent mon ordinateur pour me regarder un ou deux films. Mais si comme moi, vous trouvez parfois que le temps passe très lentement à bord, je vous propose de lire ces idées pour s’occuper dans le train. Honnêtement, j’en ai déjà tester une ou deux et il faut dire que ca rend le voyage plus fun et plus rapide. Ah oui, autre chose, n’hésitez pas à engager la conversation avec votre voisin, il ne va pas vous manger hein ;-))) A bon entendeur !

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