SudWeb 2012

Faire savoir et savoir faire

9 juin 2012,
par Romy Têtue

Mots-clefs associés à cet article :

Rassembler des geeks du Web sans connexion wifi ? SudWeb relève le défi sans qu’aucun ne râle ! Diversité des sujets abordés, qualité d’écoute et échanges constructifs sont au rendez-vous de cette conférence où s’enrichir de l’expérience des autres, pour construire un Web de qualité. Deux jours pour « faire savoir et savoir faire », comme l’annonce le slogan de l’événement. Le Web ouvert, libre et partagé, était au cœur de cette édition.

sudweb2012-08.jpg

Organisée par une poignée de bénévoles passionnés, cette conférence réunissait 150 professionnels du Web français (et quelques invités étrangers), des étudiants, des concepteurs de sites web et des développeurs hautement qualifiés. Au programme : incontournables sujets sur la mobilité, sur le responsive webdesign et au delà, mais aussi bonnes pratiques, méthodo, notamment Agile, et expérience utilisateur, dans une alternance bien rythmée de conférences longues et courtes, jusqu’au « lightning talk » de quelques minutes. Comment vendre des prestations agiles ? Qu’est-ce qu’un lead dev ? Comment tester ses idées rapidement ? Quel est l’avenir de CSS ? Comment intégrer les micro-données ? Quels sont les meilleurs outils pour débuguer sur mobile ?

Toute ouïe pour les conférences

sudweb2012-04.jpg

Mais un lead dev, c’est quoi ? En définissant le « lead dev », la première conférence de la journée pointe le problème de reconnaissance du métier de développeur en France, où la seule perspective est de devenir chef de projet, ce qui n’est pas le même métier. C’est l’occasion du premier troll : le chef de projet, c’est celui qui pense qu’avec neuf femmes on peut réussir à faire un bébé en un mois. Le lead dev n’est pas un chef, mais un guide. Le chef de projet est confronté au client, qu’il représente au sein de l’équipe, alors que le lead dev met ses compétences techniques au profit du produit. À la fois pompier, archéologue et chef d’orchestre, il guide les développements.

sudweb2012-05.jpg

Plus fort que le responsive webdesign, voici l’open web en tant que pierre angulaire du développement multi objets ! Ça n’est pas un site web… mais ça utilise beaucoup le Web, d’où l’appellation « openweb »… ce peut être un grille pain, un lapin Nabaztag, un réfrigérateur intelligent, un miroir tactile… Cette conférence très concrète, bien technique, repose sur le même principe write once, run everywhere que le responsive webdesign, car pour les objets connectés, pas besoin de faire du natif : du web encapsulé dans un conteneur natif suffit. Les outils ? media queries, modernizr et d’autres scripts comme formfactor.js, device.js et backbone.js, car les media queries ne suffisent pas à cibler les objets connectés. Finalement, Joshfire a développé son propre framework, open source : framework.joshfire.com

sudweb2012-06.jpg

Comment vendre des presta agile ? En tant que développeur indépendant, Thibault Jouannic a besoin de faire bouillir la marmite. Il nous explique comment vendre des prestations agiles pour répondre à tous ces prospects qui le sollicitent en voulant déjà savoir combien ça va durer et coûter alors qu’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent… Deux arguments pour séduire le client : pas besoins de specs, on vous en fait cadeau ! et la première livraison n’est pas dans 6 mois avec 3 mois de retard, mais dans 2 semaines. Ce premier entretien est décisif. Il pose les bases de la gestion de projet réussie.

sudweb2012-07.jpg

« Startup weekend addict », Camille Roux nous donne la recette magique pour réussir son projet avec le « lean canvas », un tableau qui permet de mûrir son idée. Ensuite, il faut tester le concept : en consultant des experts, interviewant des clients et en sortant visiter le vrai monde, avant même de prototyper. Ne perdez plus votre temps, testez vos idées en quelques heures !

sudweb2012-09.jpg

Intéressant retour d’expérience que celui de Rachel Andrew qui est passé de boîte de service à éditeur (From service provider to software vendor) : l’agence de développement web edgeofmyseat.com est devenue éditrice d’un petit CMS appelé Perch. Première leçon : on ne doute pas que les développeurs aient du goût, mais ils ne sont pas designers. Or un produit qui marche est avant tout un outil qui répond aux besoins de ses utilisateurs. Dès lors, il faut se demander : quelle est la fonctionnalité qui va faire la différence et qui va apporter le plus, au plus de gens possible ? S’il faut mettre les clients au premier plan, il ne faut pas céder à tout et notamment veiller à préserver l’identité du produit. Perch est un petit CMS, basique. Les demandes d’ajout de briques fonctionnelles de toutes sortes sont nombreuses, mais il faut savoir refuser… Mieux vaut proposer une API qui permet l’ajout de telles briques, et préserver la simplicité du scénario initial qui est : éditer du texte sur une page web.

sudweb2012-10.jpg

« Oh, IE6, how we loved you » rappelle Bruce Lawson, évangéliste chez Opera Software, nous contant la romance IE6, navigateur que nous avions tant aimé, même s’il semble aujourd’hui difficile d’expliquer pourquoi. Pourtant, le scénario se répète avec webkit, le moteur de rendu de Safari et Chrome. La faute aux concepteurs de sites web ? Il y a ceux qui respectent les standards et les autres, qui contribuent au monopole de WebKit, ressuscitant le syndrome IE6. Nouvelle guerre des navigateurs à l’horizon ? Il est important de privilégier un web ouvert et d’entretenir une concurrence saine entre navigateurs, dont tout le monde bénéficie. Et c’est à nous, développeurs et intégrateurs, s’en être les garants.

sudweb2012-11.jpg

Jérémy Patonnier rappelle l’importance de la documentation, sans laquelle un projet est difficilement utilisable, pas maintenable. Il apporte son témoignage de contributeur MDN (Mozilla Developper Network) qui centralise des ressources pour un meilleur web, quels que soient la marque, la navigateur ou la plateforme. Tout le monde peut contribuer et chaque personne supplémentaire nous renforce. Son conseil : documentez ce que vous savez faire, et ce que vous aimez le plus.

sudweb2012-12.jpg

La plupart des entreprises produisent du web, mais de façon pas optimisée pour l’utilisation par un client. À quelle vitesse ma page s’affiche-t-elle ? Il n’y a pas de réponse simple à la question de la performance selon Boris Shapira qui préconise des mesures d’UX plutôt que techniques et statistiques, dans la mise en place d’une stratégie de performance en entreprise.

sudweb2012-15.jpg

Développeur font-end, Bertrand Keller témoigne de la frustration du métier, mettant en cause la l’organisation du travail, notamment en agence où les concepteurs conçoivent et les développeurs développent sans coopérer, invitant l’intégrateur à sortir de ses gonds pour intervenir en amont : Intégrateur, lève-toi et conçois !

sudweb2012-16.jpg

La journée s’achève sur l’intervention d’Anthony Ricaud qui nous invite à l’altruisme, pour notre bénéfice ou comment participer à des projets Open Source : corriger des bugs, partager ses découvertes, rejoindre un projet, pour progresser ensemble.

Échanges constructifs et élaboratoires

La seconde journée permettait d’approfondir et de mettre en pratique les sujets abordés la veille et d’en explorer d’autres, sous la forme d’« élaboratoires », néologisme désignant des ateliers à mi-chemin entre le BarCamp et le Coding Dojo : dans les salles de travail de l’Epitech, école informatique toulousaine reconnue, une grille de programmation éditable par toutes les personnes présentes et une folle envie de partager. Code, rédaction, méthodo, brainstorming, webdesign ou même business : l’essentiel est de tester, créer et découvrir de nouvelles manières de travailler ! L’agiliste Pablo Pernot en a profité pour hacker l’événement en lançant un « Marshmallow Challenge » et le collectif OpenWeb en a profité pour renaître, dans un amour partagé pour bien faire le Web et le propulser à d’autres témoigne Karl Dubost.

Côté organisation, le staff, remarquable d’efficacité et de discrétion, a tout prévu pour favoriser les rencontres et les échanges entre auditeurs et orateurs. Repas en commun, questions à l’ombre du figuier, bienveillance, traduction simultanée… et pas de wifi dans les salles de conférence : tout le monde écoute, oubliant même de live-tweeter et pas un geek ne râle, bravo ! C’est une volonté du staff, qui témoigne : Le vrai luxe, maintenant, c’est ce savoir déconnecter. Ce n’est pas la machine qui nous domine, mais nous qui la maîtrisons !

Cette conférence se distingue aussi par le soleil, la détente et la bonne humeur : après Nîmes, cette seconde édition avait lieu fin mai à Toulouse, en tongs et pantacourt, par un temps magnifique. En plus des goodies distribués à chacun et chacune, il y avait des bouquins Eyrolles et même des licences Balsamiq Mockups à gagner !

Cliquez sur les vignettes pour agrandir.

  • Le soleil se couche quelque part entre Paris et Toulouse…
  • Toulouse !
  • Badge Sud Web 2012
  • Programme des élaboratoires SudWeb
  • Le projet agile dont vous êtes le héros
  • Objectif atteint, bravo aux équipes !
  • Tests utilisateurs en direct
  • Audits d’accessibilité en direct de nos sites : toujours édifiant !
  • Sponsors et cadeaux
  • Cassoulet pour tout le monde
  • Nuit blanche à Toulouse

Voir en ligne : http://sudweb.fr/2012/

{#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Raccourcis : {{gras}} {italique} -liste [bla->url] <q> <quote> <code>.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom