Soulignement confusant

12 avril 2013,
par Romy Têtue

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Le soulignement est réservé aux hyperliens. Pas sur ce site où les textes soulignés ne sont pas tous des liens… Pourquoi ?

Combien de liens identifiez-vous sur l’extrait de page ci-après ?

Trois ? Perdu ! Le premier texte en bleu #499BCD souligné est effectivement un lien. Mais le prochain texte ayant le même look, n’en est pas un. Première blague. Le prochain texte souligné, en bleu foncé #0D4567, non plus. Vous venez de cliquer pour rien. Ce n’est pas tout : le titre, dans le même bleu foncé, mais non souligné, est cliquable, mais vous ne l’aviez pas deviné, n’est-ce pas ?

Vérifiez par vous-même sur la page d’origine du site du Lab d’Europe 1… Usage non conventionnel du soulignement doublé d’inconstance de la signalétique induisent en erreur. Voici, résumée en une image, la convention graphique employée dans cet extrait :

Souligner pour marquer l’importance est une mauvaise habitude héritée de l’ère dactylographique, mais qui n’a aucune raison de persister sur les supports numériques. Le souligné ne s’emploie que pour pallier l’absence d’italique, typiquement dans l’écriture manuscrite ou dactylographique. Sur le Web, où l’usage d’italique est possible, le soulignement utilisé comme mise en exergue est une erreur typographique. Le souligné n’a, en général, aucune raison d’être utilisé lit-on dans les Petites leçons de typographie (PDF).

Le soulignement sur le Web signale autre chose, qui n’existe pas sur le papier : les hyperliens. C’est une convention forte : les internautes s’attendent à ce qu’un texte souligné soit cliquable. Pour éviter les clics inutiles sur des contenus soulignés qui seraient perçus comme des hyperliens, on réserve le souligné aux seuls hyperliens. C’est devenu une bonne pratique : Le soulignement est réservé aux hyperliens (Opquast V2 - Critère 42).

Je suis vraiment curieuse de comprendre ce qui motive le rédacteur en chef du Lab d’Europe 1, Antoine Bayet, à ne pas respecter les règles typographiques ni les bonnes pratiques web, surtout quand cela nuit à ce point à la compréhension. Voici sa réponse, en deux tweets lapidaires :

« mais je me fous des "règles" écrites par de soit-disant experts. je trouve que ça facilite la lecture, voilà tout. les liens cliquables c’est en bleu. les éléments forts, sur lesquels le regard doit s’accrocher, c’est en souligné, non bleu. voilà. »

Notons que sa réponse contredit la réalité puisque, sur ce site, le bleu ne signale pas que des liens et le souligné ne signale pas que l’importance. En attendant, ce sont encore les internautes qui doivent faire l’effort de décrypter les conventions fantaisistes, qui plus est ici incohérentes, et cliquent inutilement sur de simples contenus soulignés en pensant que ce sont des liens. Ils râlent. Comme on les comprend !

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