Répondre au dessous du courriel

19 janvier 2011,
par Romy Têtue

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Réponse à un mail : faut-il répondre au-dessus ou en dessous du texte précédent ?

C’est une question parfois trollesque, à laquelle les partisans du « au-dessus » défendent leur habitude, et les tenants du « en dessous » s’en réfèrent à la Nétiquette.

Répondre au-dessus : quand on est pressé

Répondre par au-dessus est une pratique de gens pressés, répandue dans le monde professionnel, où le courriel est parfois utilisé comme une messagerie instantanée. C’est toléré pour un accusé de réception rapide. Par exemple lorsqu’on est en déplacement et qu’on n’a pas le confort, sur smartphone, ni le temps de répondre plus précisément, on pourra répondre d’une ligne jetée par au dessus : « OK, bien reçu. Je réponds + tard. »

Bien qu’elle produise des échanges plus difficiles à suivre, cette pratique, dite « top-posting », se répand cependant, sans doute inspirée par de nouvelles interfaces de messagerie. En effet, difficile de suivre la conversation dans son ensemble, lorsqu’on ne peut lire l’enfilade des messages, de haut en bas, dans le sens naturel de lecture ! Cela impose, pour consulter l’échange, de faire le yoyo : les lecteurs sont obligés d’aller chercher le message initial en bas, puis de remonter pour trouver la réponse, la lire en descendant, de remonter à nouveau pour la suite, etc. De quoi en louper un morceau ! Intervertir l’ordre naturel de lecture prête le flanc aux incompréhensions et contresens. Voir, pour la blague, ce texte a lire de haut en bas puis de bas en haut...

Pour ne rien arranger, le top-posting est souvent accompagné d’une autre habitude qui consiste à laisser les échanges s’accumuler en dessous, et d’en renvoyer l’intégralité dans chaque réponse, alourdissant le poids des messages, rendant nos messageries obèses, et ne facilitant pas les recherches ultérieures, en démultipliant ainsi les occurrences d’un même texte.

Répondre en dessous : pour mieux se comprendre

D’après la Nétiquette, règle informelle pour la bonne entente sur le Web, il est convenu de répondre en dessous et non au dessus du message précédant, en expurgeant éventuellement le texte du surperflu, lorsqu’il est trop long. Ceci est valable aussi bien dans les listes de diffusions que dans les courriels et les forums.

Répondre en dessous du message va dans le sens de lecture, un peu comme si l’on continuait la rédaction d’un texte initial. Cela permet aussi de consulter les réponses dans l’ordre chronologique.

Sauf s’il est très court, on ne garde pas le message initial dans son entier : on ne garde que ce à quoi on répond, quelques phrases, en « citation ». Ça va de quelques mots, une ligne à 2 ou 3 paragraphes. Cela montre aussi qu’on a pris le temps de lire celui auquel on répond. Ce petit nettoyage du superflu, pour cibler le point auquel on souhaite répondre, oblige aussi à mieux se concentrer, à mieux recevoir le message et évite donc les incompréhensions pour cause de lecture en diagonale, trop hâtive.

De plus, on peut répondre point par point, en intercalant ses réponses dans le corps du texte, pour répondre au fil des points abordés, entre les phrases, comme s’il s’agissait d’un dialogue. Cela permet à vos destinataires de bien comprendre l’échange. Et c’est ainsi, petit à petit, que le texte s’écrit à plusieurs mains, que la réflexion est partagée et se construit ensemble.

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