Quatre vingt dix neuf

7 octobre 2011,
par Romy Têtue

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C’est en croisant hier soir un bipeur de poche des années 90, à la 99e édition de Paris-Carnet que je me suis souvenue...

Très intriguée par ce qu’on appelait alors les « autoroutes de l’information », je me suis connectée dès que j’ai pu. D’abord en piratant gentiment un numéro de téléphone spécial que je composais dans le « pilote PPP » de l’ordi... On faisait vite le tour du Web à l’époque. Très déçue de ce que j’y trouvais, où plutôt de ce que que je n’y trouvais pas, j’ai abandonné au bout de quelques mois. Ce n’est qu’en 1998 que j’ai repris une connexion à Internet, à la vie à la mort cette fois-ci, avec mon « Macintosh G3 Desktop » flambant neuf.

Tous les soirs mon modem « Olitec Speed Voice 56000 » crépitait en ce connectant, apportant quelque chose du bruissement du monde jusque chez moi, comme un souvenir de poste à galène écouté en cachette durant la première guerre mondiale : Tuuuh… Tututu Tutututu… Zzzzzzzz… Kriiiiiiiiii… SHhhhhh... En plus de permettre l’envoi et la réception de fax, il était pourvu d’un casque audio pour téléphoner partout sur la planète, au prix d’une communication locale. C’était épatant.

Je n’ai plus de téléphone fixe depuis 1997. Parce que ce n’est d’aucune utilité. Je n’étais jamais là pour décrocher et je découvrais les messages en rentrant, sur mon répondeur téléphonique à cassette audio à bande magnétique, souvent trop tard. J’adoptais alors un « pager », petit messager de poche, vite remplacé par un téléphone portable, un adorable « Alcatel One Touch Easy » — quel nom ! —, qui souriait comme seul un Mac sait le faire et avait en commun d’être bien pratique et facile d’emploi, si bien que je l’ai gardé jusqu’à des années assez récentes.

Très vite, j’ai pris place sur le réseau, m’y sentant chez moi, comme une évidence, expérimentant — Ah, Caramail ! — et publiant mes premières « pages web » dès 1999, bloguant déjà sans le savoir. Involontairement pionnière de la « toile », aujourd’hui dinosaure du « wouaibe », j’ai barboté en marge de la « blogosphère » où je serais à compter parmi les « dinoblogueurs »...

La plupart des personnes que je connais aujourd’hui sont issues de rencontres internautiques, pour certaines très anciennes, et je vous aime, gens que je n’aurais jamais eu le plaisir de connaître autrement !

Contrairement à ce que cet article pourrait laisser penser, je ne suis pas geeke, vraiment pas fan de high tech : je déteste devoir faire l’acquisition d’une machine. C’est compliqué et souvent décevant. Je n’ai jamais eu de lecteur CD, ni de téléviseur, encore moins de magnétoscope, j’ai détesté l’iPod et je n’ai possédé au total que trois ordinateurs dans ma vie — quatre si l’on compte le dernier, tellement petit que je l’oublie. Je l’ai pourtant toujours en poche, puisque, à la fois pager, baladeur, GSM et ordi, il réussit la prouesse de me rendre les mêmes services que toutes les machines précédemment citées : rester en contact partout, se parler à distance, écrire et publier sur le Web. Oui, mon actuel « iPhone 3GS » permet tout cela et me suffirait presque.

J’aime moins les machines que les services par elles rendus et les gens qui sont au bout des rencontres qu’elles favorisent — sans oublier l’ingéniosité de leurs concepteurs qui, à travers elles, changent ma vie. Merci pour les rencontres, pour les échanges, les découvertes, pour la mobilité et ces partages dans ma vie. Pour ce qui fait que j’écris ici ce soir, pour vous, gens du bout du Web.

Rencontre fortuite sur une table de restaurant d'un Tatoo et d'un iPhonePeu après cette rencontre fortuite, sur une table de restaurant, d’un Tatoo et d’un iPhone, on apprenait la mort de l’un de ces inventeurs de génie, Steve Jobs.

C’est au tournant de ces années-là, juste avant le nouveau millénaire, que tout a changé. De nouveaux terminaux apparaissaient dans nos vies, parfois de façon éphémère, pour nous relier les uns aux autres, de plus en plus, partout, toujours, introduisant l’ère de la mobilité, mais aussi de l’auto-publication et mon entrée dans la « blogosphère », ce lien entre nous.

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Vos commentaires

  • Le 6 novembre 2012 à 02:49, par Loiseau2nuit En réponse à : Quatre vingt dix neuf

    Punaize ! Un Tatoo ! Le pire c’est que j’en ai eu un aussi à l’époque mais, là, le voir posé à côté d’un iPhone ca me fait drôle ! :-D

  • Le 13 janvier 2013 à 19:24, par Karine En réponse à : Quatre vingt dix neuf

    Wouah un Tatoo !! Je regrette de n’avoir jamais pu en avoir un... Enfin je me suis rattrapée depuis avec les iPhone !!! :p
    On a l’impression que cette période paraît si loin alors que pourtant...

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