Quand la technique vous lâche

17 mars 2006,
par Romy Têtue


Réveil pâteux, dans l’éblouissement d’un rayon de soleil qui claironne midi... Meeeeeeeeeerde ! j’m’suis pas réveillée ! hurle-je intérieurement avant d’inspecter ce grmlpf de réveil, pourtant programmé pour me tirer de là en fanfare et dès le soleil levé tous les jours ouvrés, et en douceur et après une grasse matinée méritée les samedi et dimanche. Celui-ci fait le mort : rien ne s’affiche plus à l’écran LCD. Je suspecte une panne de courant matinale, mais m’étonne alors que la pile de secours n’ait pas pris le relais... Fichtre : il est tout bonnement débranché, et ce depuis plusieurs jours, mes colocataires n’ayant rien trouvé de mieux pour faire taire le tonitruant radio-réveil qui continuait de sonner trompettes pendant mon absence de ces derniers jours. Je les comprends, mais : entre nous, il aurait suffit de baisser le volume, tout radio-réveil digne de ce nom s’éteignant de lui-même après avoir vaillamment rempli son office (en l’occurrence au bout d’une heure), et quand bien même on l’ignorerait, un gentil post-it collé sur l’impétueux m’aurait épargné de perdre la matinée.

Pour un lundi, ça commence particulièrement mal : être encore en pyjama à midi passé, mais quel cauchemar ! J’ai à peine le temps de glisser (du pied gauche ?) sur un bout d’assiette... ah tiens, oui, celle que j’ai cassée avant de partir, foutant en l’air mon déjeuner d’avant de sauter dans le train (et le parquet par la même occasion). J’étais déjà bien speed, c’est précisément pour ça que j’étais partie en week-end prolongé, tiens, d’ailleurs. Et on dirait bien que ça reprend sur le même tempo.
À peine le temps de bâiller et de maugréer, de démarrer ordinateur, imprimante, scanner, radio et téléphone, que ce dernier me sonne dans les mains, bien évidemment, à une heure si avancée, il fallait s’y attendre. Le ventre creux, teigneuse, je vocalise expressément pour désenrouer en vain ma voix encore ensommeillée, mais je lâche malgré moi un « Allô » braillard dans le combiné. Une voix trop sérieuse à l’autre bout... me propose du boulot. Ah. Ma mauvaise humeur s’éclipse instantanément. Un remplacement en urgence, dans 3 jours. Ben voyons, comme si je n’avais que ça à faire. Mais pourquoi pas.
Tandis que je m’entends répondre positivement à un truc dont je n’avais jamais entendu prononcer le nom avant cet appel (ah cette manie de renommer tous les 6 mois, avec un vocabulaire fashion, des trucs pourtant vieux comme le web, histoire de donner l’illusion de la nouveauté pour mieux tromper le néophyte, ah j’vous jure ma brave dame, on y perdrait son latin), mon ordinateur s’étire, me sourit et se met à charger quelques dizaines de nouveaux messages. Si encore ce n’étaient que des spams, ou même (pouah !) des blagues débiles, mais non : rien que du sérieux, comme d’habitude.

Taka appeler là-bas et demander Machine... qui me demande de lui envoyer mon CV, que je maile dans l’instant, mais zut : panne Internet ! Moi la supposée spécialiste es webmachin, je passe soudain pour une de ces incompétentes administrations qui sont toujours désolée, mais y’a une panne informatique là, alors si vous pouviez rappeler dans... euh... non, pas demain, non-non, plus tard : la semaine prochaine.
Je ne me démonte pas et lui épelle l’adresse de mon site, où elle trouvera le CV demandé, en attendant mieux. Et, toujours en pyjama, de nouveau grommelante, je me précipite sur la Freebox, qu’il faut débrancher-rebrancher 5 fois de suite pour la réinitialiser, manip archaïque s’il en est. Mais gente Freebox fonctionne tout à fait normalement, et ce n’est que plus tard que je découvrirais que, là encore, c’est une sombre affaire de câble débranché, sur le routeur WiFi cette fois-ci.

C’était urgent, et je devais être rappelée tout de suite, mais ça ne loupe jamais : 36h après je ne sais toujours pas si je dois annuler tous mes rendez-vous pour faire la place à cette prestation qui commence dans 36h, ni si je dois continuer à monopoliser tout mon temps à la préparer, n’étant même pas sûre qu’elle ait lieu. En attendant, je bosse, prépare et imprime, puisque ça urge. Et bingo ! c’est mon imprimante qui me lâche cette fois-ci ! Faut avouer que c’est pas nouveau : il lui arrive régulièrement de bloquer toute impression au motif farfelu que j’aurais installé plusieurs cartouches d’encre jaune, c’est-cela-voui, moi qui n’imprime jamais qu’en noir et blanc. Ça ne m’avait pas encore vraiment angoissée, mais là, pas moyen d’imprimer mon boulot de préparation, rata-super-zut-de-merde.
Musique d’attente suraiguë du service après vente du fabriquant... qui, après s’être inquiété du numéro d’erreur, me donne pour seul et unique conseil de débrancher l’imprimante chaque fois que le problème se représentera. Et comme je ne suis pas vraiment satisfaite de la solution proposée — faut pas se foutre de la gueule du monde, quand même : une belle imprimante high-tech toute neuve, qu’il faudrait débrancher-rebrancher comme une vulgaire Freebox !? —, on me conseille d’appeler le revendeur. Qui me conseille alors d’appeler le fabriquant. Restons zen. Mais quand est-ce qu’elle imprimera cette imprimante neuve encore sous garantie ? Comment ça, la ramener en boutique ? Je me revois d’ici, suant comme un âne bâté pour transporter le mastodonte jusqu’à la maison, et il faudrait que je refasse le même parcours du combattant dans l’autre sens !? Et je parie qu’on va me la garder pile le temps pendant lequel j’en ai particulièrement plus besoin que d’ordinaire !

Bingo, c’est bon : je suis retenue pour assurer ce remplacement. Vu les merdes exceptionnelles que j’accumule en ce début de semaine, j’en étais presque rendue à préférer le contraire. Mais bon, l’affaire est tout de même enthousiasmante, ce serait stupide de louper ça. Maintenant c’est toute une après-midi que je perds au téléphone pour déplacer les rendez-vous qui étaient prévus sur ces dates, réorganiser tout ça et la suite, parce que faudrait pas oublier la suite quand même.
Et puis, je ne sais pas ce qui se passe, j’ai du commencer la semaine du mauvais pied, mais je n’arrive plus à me lever tôt le matin. Il ne me reste bientôt plus que quelques heures pour finir de préparer...

En réalité, c’est la technique humaine qui commence à lâcher : je m’assoupis. Non, j’ai carrément de la fièvre. Ça fait une semaine que je suis barbouillée, depuis qu’on est allé manger dans ce resto et que la moitié de la tablée s’en était sentie mal le lendemain, mais là, ouh-la-la, ça va mal. Yeux brillants, sueurs froides, échine poisseuse, intestins à l’envers, estomac aux bords des lèvres... La toubib, qui soupçonne une Salmonelle, veut absolument me mettre en arrêt maladie. Hors de question ! pensez-vous, je dois justement assurer un remplacement demain, ce serait un comble que moi non plus je n’y sois pas, non mais vous plaisantez !
Ne me restait plus qu’à trouver un laboratoire d’analyses médicales ouvert entre ce soir et demain matin...

Bin vous savez quoi ? je me suis bien présentée à l’heure, bourrée de cachetonneries, et... MISSION ACCOMPLIE ! À part ça, mon imprimante voit toujours jaune, mais tout le reste est rentré dans l’ordre, et pas de panique : ce n’était pas une Salmonelle.

{#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Raccourcis : {{gras}} {italique} -liste [bla->url] <q> <quote> <code>.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom