Qu’avons-nous fait des « bonshommes bleus » ?

Les utilisateurs d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier

10 juin 2010,
par Romy Têtue

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Il y a quelques jours, l’on me demandait encore où étaient passés les « bonshommes bleus »… Aucun souvenir ! Cette photo me rafraîchit la mémoire et fournit l’explication. Non, il ne s’agit pas de Schtroumpfs :)

Les bonshommes bleus... toujours plus haut !

Prise par folamoor à la DiPi Nantaise de 2007, cette photo témoigne des tous premiers instants de cette rencontre SPIP qui se voulait orientée utilisateur, comme l’indique le premier mot écrit sous le titre Die Sein Party (dont je ne comprends toujours pas le sens). En nous demandant comment améliorer le rapport utilisateur, nous avions du évoquer un premier point : rendre la mise à jour facile puis... Je ne sais plus comment je me suis retrouvée à parler devant tout le monde. Sans doute est-ce parce que personne ne voulait s’y coller et qu’on me poussa à partager les idées exposées peu avant chez James, l’initiateur de l’événement, qu’il en soit ici remercié, et déjà bien débattues.

Au moment de la DiPi, je faisais le constat suivant, attristée, parfois amère : j’avais de plus en plus de mal à partager l’outil de publication que j’aimais. Celui-ci demeurait très chouette, mais... n’intéressait pas les nouveaux.

Né au début de la décennie, ce système voulait permettre la publication sur Internet sans imposer d’en connaître tout le détail technique, et il se mettait à notre portée en interfaçant. Ça a longtemps été vrai et c’était épatant. Mais ça ne l’est plus. Et j’aimais ce SPIP qui « permettait de » et rendait libre.
Années 90J’ai adoré apprendre avec SPIP, si innovant avec son interface et ses raccourcis qui simplifiaient la publication. Grâce à lui j’ai découvert le Web, apprenant les langages informatiques qui le constituent, sur le tas, en faisant, ce dont je ne me serais jamais crue capable puisque programmer ne m’attirait absolument pas. Ça m’a rendue libre de faire ce que je veux sur Internet. J’aimerais tellement poursuivre et partager avec d’autres cette aventure où l’on devient libre et autonome en s’édifiant, non sans plaisir, et même avec tendresse !

Si SPIP nous avait semblé « facile » — c’est un mot important, qui figure sur la page d’accueil de la documentation officielle — à l’époque où nous l’avons découvert, après l’an 2000, si nous avons aimé l’apprivoiser et apprendre avec lui pour finalement l’adopter, il faut bien nous rendre compte que les nouveaux internautes, ceux qui débarquent ces dernières années sur la toile, sont bien plus néophytes que nous lors de nos premiers pas.
Car à notre époque, pour être sur Internet, il fallait le vouloir. Il fallait être curieux et débrouillard, un poil avant-gardiste. Il n’y avait pas le choix : il fallait plonger les mains dans le cambouis du code et balancer des fichiers par FTP...

Aujourd’hui bien des foyers sont équipés d’un ordi connecté et n’importe qui peut publier sur le Web sans toucher un fichier ni entrevoir une ligne de code : juste en cliquant des boutons [1]. Et c’est quand même drôlement plus confortable !
Dès lors il n’y a pas de raison, à part par souci de reconstitution historique ou nostalgie masochiste, d’avoir envie, pour parvenir au même résultat, d’apprendre à coder et déplacer des fichiers... Et bien que cette « ignorance » en agace certains, nous ne pouvons pas sérieusement reprocher aux nouveaux venus de ne pas être aussi passionnés, curieux et volontaires que les pionniers que nous avons été, encore moins en déduire trop hâtivement que ces ignorants ne méritent pas notre intérêt.

2007Pour illustrer mon propos, j’avais tracé un cercle pour représenter Internet. SPIP serait alors l’échelle qui permet à n’importe qui de se publier sur le Web, tout simplement en grimpant les barreaux à son rythme. Telle était la situation quand je découvrais SPIP, il y a quelques années.
À côté, j’ai représenté la situation actuelle, qui est tout à fait semblable mais — et j’ai changé de feutre pour introduire la différence, passant du rouge au bleu, d’où la couleur des bonshommes — il y a beaucoup plus d’utilisateurs, bien plus débutants, moins fouineurs et moins aventuriers, bref grand public, et ils n’atteignent pas les premiers barreaux de l’échelle que nous avions su saisir en notre temps. Mais il n’en ont pas moins des choses intéressantes à dire. Pour les concerner et les inviter à venir jouer avec nous sur le Web, il faudrait ajouter quelques barreaux à notre échelle. Et si nous continuions d’innover ?

Partant là-dessus, nous avions réfléchi à ce que pouvaient être ces nouveaux « barreaux d’échelle » en passant en revue les « premiers pas » dans SPIP, de façon à mieux accueillir les bleus. Lire la suite : On rêvait de publier avec SPIP…

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