Les chattes contre-attaquent

The Pussyhat Project

22 janvier,
par Romy Têtue

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Le bonnet rose à oreilles de chatte rassemble les femmes contre le sexisme de Trump, pour leurs droits.

J’ai d’abord cru à un produit dérivé, opportunistement édité pour l’occasion — un peu comme le masque de Guy Fawkes, porté par les Anonymous lors des manifestations — pour enrichir d’autres que les personnes concernées. Que nenni !

Les bonnets roses qui ont envahi hier les rues américaines ont été confectionnés par les manifestantes qui les portaient. Les patrons mis à disposition par le collectif Pussyhat Project ont permis à qui voulait d’en tricoter… tant et tant, du vieux rose au fushia, à paillettes ou à pompons… jusqu’à épuisement des stocks de fil rose de certaines merceries ! Initié par deux californiennes amatrices de tricot, Krista Suh et Jayna Zweiman, ce projet est devenu viral. Il faut reconnaître qu’associant l’utile à l’agréable, l’idée est bien meilleure que les sempiternels tee-shirts et autres goodies porteurs de messages qui, toujours à manches courtes, ne tiennent pas chaud, surtout en cette saison en plus d’être tristement uniformes. Les réalisations, personnalisées, qui s’affichaient fièrement par milliers sur Instagram, ont donc réchauffé les manifestantes de ce 21 janvier.

Pourquoi des oreilles de chat ? Comme souvent dans le féminisme, qui ne manque pas d’humour, ce pussy hat, littéralement « bonnet de chatte », est une réappropriation ironique de termes originellement insultants. Il fait directement référence au sexisme arrogant du milliardaire Donald Trump qui se ventait de pouvoir se payer les femmes qu’il voulait en les attrapant par la chatte : « I’ll grab her by the pussy », dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre. Plusieurs femmes ont aussi témoigné de harcèlement et d’agressions sexuelles de sa part. Ces oreilles de minette ont donc rallié les femmes qui se sentent offensées par son comportement de prédateur sexuel.

C’est ainsi qu’une marée rose a déferlé dans les rues samedi, dans les grandes villes américaines et ailleurs : près de trois millions de manifestantes dans le monde. « Pussy grabs back », lisait-on sur les pancartes : les chattes contre-attaquent ! Au lendemain de son investiture, cette marche des femmes, mixte et festive, s’est transformée en manifestation massive contre le nouveau président Trump.

Marche des femmes sur Washington
Photo via @SenSanders : Président Trump, vous avez fait une grosse erreur. En essayant de nous diviser par la race, la religion, le sexe et la nationalité, vous nous avez réellement rapprochés.

Le Pussyhat Project est bien plus qu’un simple signe visuel distinctif. C’est aussi une façon de tisser des liens : l’occasion de se réunir pour tricoter ensemble et partager, pour se réconforter de l’affront d’une telle élection et ouvrir le dialogue sur les droits des femmes. S’appuyant sur les pratiques artisanales, ce projet montre aussi aux participantes qu’elles peuvent s’engager simplement, de là où elles sont, en contribuant avec ce qu’elles savent faire, ici et maintenant, de façon autonome. Le pussy hat est devenu un symbole de la lutte des femmes pour leurs droits. Et, bien que je déteste le rose, moi aussi, je veux mon pussy hat ! Quelle copine m’apprend à tricoter ? Miaŭ !

Voir en ligne : https://www.pussyhatproject.com

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Vos commentaires

  • Le 29 janvier à 22:03, par quote En réponse à : Les chattes contre-attaquent

    Il s’agit d’un événement historique sans précédent. Selon les « experts », ils étaient, en ce samedi 21 janvier 2017, trois fois plus nombreux que les participants à la cérémonie officielle de la veille. Tandis que Trump reprend comme slogan de son régime le mot d’ordre des isolationnistes pro-fascistes de 1940 (« America First », L’Amérique d’abord), la grande Marche des femmes a, comme rarement, rassemblé les foules afin d’affirmer la solidarité de tous les opprimés — femmes, travailleurs exploités, minorités ethniques, religieuses, sexuelles, victimes civiles de guerres impérialistes américaines. Comme l’a remarqué le cinéaste Michael Moore, « Trump est un grand unificateur » ! Ces énormes masses hétéroclites, bien que solidement unifiées, se sont rassemblées suite à l’initiative Facebook d’une poignée de femmes anonymes. Contre la misogynie et le racisme affichés de Trump, chacun d’affirmer que l’oppression des femmes est à la base de toutes les autres. On y a vu beaucoup de jeunes qui battaient le pavé pour la première fois, aux côtés de vétérans de toutes les manifestations depuis la guerre du Viêt Nam et Martin Luther King.

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