Pourquoi pas un bullet journal ?

20 janvier,
par Romy Têtue

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Marre de me disperser entre plusieurs ordinateurs, smartphones, autant de carnets de notes et pléthore de notes volantes… Pourquoi pas un bullet journal ?

L’entreprise dans laquelle je travaille équipe chaque salarié·e d’un ordinateur, d’un smartphone et d’un carnet. Je m’étonne toujours de ce que nombre de mes collègues utilisent aussi ce matos pour leur usage personnel. Ça me choque pour des raisons moins légales ni même morales, que de simple protection de la vie privée. Personnellement, je ne tiens pas à ce que mes rendez-vous galants ni médicaux apparaissent dans mon calendrier professionnel qui est consultable par tous les salarié·es.

Je vais jusqu’à cloisonner pro et perso sur des machines distinctes ce qui me permet aussi de préserver mes temps de repos. Comme beaucoup, j’ai programmé mes notifications pour n’être dérangée que lorsque j’y suis disposée, mais utiliser des machines séparées me garantit une coupure plus nette encore : quand je rentre chez moi le soir, quand je pars en vacances, j’oublie littéralement mon smartphone pro dans un coin. Basta ! Je passe sur d’autres machines, celles domestiques, qui me procurent musique, films et autres distractions. Aucun risque d’être dérangée par une notification tardive d’un collègue ou d’un client ! Mon cerveau se repose, réellement. Tranquille, jusqu’au la reprise du lundi matin, fraîche et dispose.

Mieux équilibrer pro et perso

Inconvénient, je me retrouve avec 2 ordinateurs, 2 smartphones mais aussi 2 carnets de prise de notes. C’est même pire, puisque je n’ai pas toujours le bon carnet avec moi et que je note alors sur ce qui me tombe sous la main : feuilles d’imprimante, post-it, smartphone, vieilles enveloppes… et j’en perds un peu, forcément. Si bien que j’ai progressivement délaissé la prise de notes manuscrites : les 6 derniers mois de mon semainier perso sont littéralement vides tandis que mes notes pro prennent différentes formes numériques… Bref, y’en a partout mais jamais là où je les cherche.

De plus, le radicalisme de ce cloisement ne correspond pas à la réalité, puisqu’il m’arrive en soirée d’explorer, pour le plaisir, des sujets qui m’intéressent et sont connexes aux missions en cours (veille technologique, recherche d’inspiration…), m’imposant de reporter des notes numériques d’une machine à l’autre (en réalité synchronisées via IMAP, mais ce n’est pas suffisant).

Dernier inconvénient, business first approach oblige, le pro l’emporte sur le perso. Faisant le bilan en cette fin d’année, je m’attristais d’avoir moins écrit, moins vu d’expo, de films… et surtout moins d’ami·es. J’ai raté beaucoup trop d’événements perso cette année pour des raisons professionnelles : déplacements à l’étranger, soirées corporates, séminaires… prenaient la première place dans l’agenda numérique pro où le perso n’apparaît pas. J’ai terminé l’année sur les rotules, après avoir beaucoup (trop) bossé, pour un résultat professionnel pas même brillant, juste normal. Tout ça pour ça ? Beaucoup de stress, pas assez de plaisir. Le besoin de mieux équilibrer vies pro et perso m’amène à remettre en question mon cloisonnement.

Pour limiter la dispersion et éviter que le pro ne l’emporte sur le perso, il me faut regrouper afin de tout avoir sous les yeux. Après tout, je ne suis qu’une seule et même personne, indivisible. Si je ne veux toujours pas fusionner mes appareils informatiques pour préserver ma vie privée, je peux regrouper mes notes manuscrites sur un seul support.

Pourquoi pas un bullet journal ?

Très à la mode, le bullet journal (« bujo » pour les intimes) est une méthode d’organisation inventée par le designer américain Ryder Carroll. Sur son site, il décrit le bullet journal comme un « système d’organisation [...] adaptable aux besoins de chacun ». C’est un mélange entre carnet de notes, todolist, agenda, journal intime… qui répond bien à mon besoin de tout regrouper sur un seul support, même si la perspective de noter les dates de mon cycle à côté d’un compte-rendu de réunion me perturbe encore un peu.

Contrairement à ce que vous verrez beaucoup dans les blogs, sur YouTube, Instagram et Pinterest, un bujo n’est pas sensé être décoré ni esthétique. Pas besoin de couleurs, de tuto, de pochoirs… « À l’origine un bullet journal c’est un carnet, un stylo et de l’organisation pure et dure » rappelle la youtubeuse Margaux. Je ferai donc un bullet moche, mais pratique. Un bullet journal peut être simple rappelle Stephanie Booth, et même plus : il doit l’être si vous ne voulez pas abandonner au bout de deux jours.

Après quelque réticence à abandonner le fidèle petit semainier Quo Vadis qui m’accompagne depuis des années — parce que, me repérant mal dans le temps (et encore moins bien avec les calendriers numériques), j’ai besoin d’une grille temporelle visuelle… que je me construirai donc, sur mesure et selon les besoins : calendrier annuel, frise trimestrielle ou double-page hebdomadaire — j’ai finalement opté pour un carnet A5 pointillé d’env. 250 pages au grammage raisonnable de 80 g/m², le classique Leuchtturm1917, que je pourrai facilement toujours avoir sur moi, avec un critérium à gomme, un simple stylo à bille noir et un surligneur. Pas de règle (j’utilise n’importe quel objet droit qui traine dans le coin).

Getting Things Done

C’est aussi l’occasion de reconsidérer mes usages et de les réorganiser de façon rationnelle, consciente et non plus subie. J’applique la méthode GTD simplifiée en 3 étapes : collecter, trier et planifier puis exécuter.

  1. Je vais continuer de collecter (les tâches, les idées…) dans mes machines portables parce que, petites, elles sont toujours en poche à portée de main, même pendant un déplacement en métro, serrés comme des sardines (puisque c’est toujours dans ces moments de vacuité que les idées surgissent).
  2. Une fois par semaine (au moins), je me pose calmement au bureau pour trier et prioriser tout ça dans le bujo, puis planifier la semaine à venir en conséquence, avec programmation de rappels, s’il y a lieu, sur smartphone.
  3. Et je n’utilise plus les ordinateurs de bureau, où j’ai désactivé toute notification, que pour exécuter, travailler ou me distraire, en toute tranquillité.

Jusqu’à présent, ça fonctionne plutôt bien. Avantage immédiat : j’ai l’esprit libre et serein, puisque tout est noté et mes plages de travail sont isolées des dérangements, ce qui les rend à la fois plus efficaces et plus agréables. Puisqu’il ne s’agit pour l’instant que d’une bonne résolution de début d’année, on en reparle dans un an.

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