Paris Web 2019

14 octobre,
par Romy Têtue

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J’ai participé à toutes les éditions de Paris Web, tantôt auditrice, tantôt oratrice, depuis l’origine. Mais cette année, manque de karma, je n’ai pas réussi à avoir de place. Heureusement nous avons la chance inestimable de pouvoir suivre les conférences à distance, retransmises en vidéo, qui plus est sous-titrées en direct. L’orga de cet événement est exemplaire ! Je me suis donc confortablement installée derrière mon écran, pour prendre note, assidue comme une étudiante…

Les conférences qui m’intéressaient le plus cette année portaient sur l’accessibilité. Pragmatique et transverse, Paris Web est en effet l’événement qui me nourrit le mieux à ce sujet.

Y’a pas que la conformité dans la vie

Julie Moynat, experte en évaluation de l’accessibilité, expose clairement les problèmes que posent les audits de conformité RGAA, qui interviennent trop tard, sont demandés alors même que le travail n’est pas fait et sont restitués de façon inadaptée, via un fichier tableur… J’ai totalement abandonné cette façon de faire, peu efficace en plus d’être particulièrement laborieuse. Comme dit Fabrice Piedanna : « word excel j’en pouvais plus, ce sentiment d’improductivité m’a blasé ». Notre experte propose donc de réinventer les audits d’accessibilité web (vidéo), ce que nous sommes plusieurs à faire en réalité. Elle distingue notamment : audit flash, pour déblayer le terrain en détectant les erreurs les plus flagrantes, et audit de composants, plus détaillé, qui a la bonne idée de vérifier l’accessibilité composant par composant et non plus par page. Bien vu ! Pour bien faire, il faudrait intervenir plus en amont, avec un audit de maquettes. Je plussoie : ça se pratique sur mockup et même sur wireframe, ça permet d’éviter des choix pouvant causer des difficultés d’usage et d’apporter des recommandations pour le développement, qui seront toujours mieux perçues que des demandes de correction a posteriori.

Pendant ce temps-là, dans une autre salle, il est question de revue de code… Cette coïncidence de planning me titille… Allons plus loin, marions-les : et si la « revue accessible de code » était la bonne approche ? Car oui, autant le dire tout de suite, ça marche super bien !

Comme en réponse, Olivier Keul et Arnaud Delafosse apportent un retour d’expérience pragmatique : Y’a pas qu’le ALT dans la vie — Déployer l’accessibilité web à grande échelle (vidéo et slides PDF 2,1 Mo), chez Accor, en contexte international. « Les WCAG, c’est bien, mais attention : on cherche moins la conformité que l’accessibilité », rappellent-t-ils, replaçant l’utilisateurice au centre. En résumé, leurs trois leviers sont : formation, documentation et accompagnement, de toute la chaîne de production, y compris prestas externes. Il s’agit de vulgariser l’accessibilité et d’autonomiser chaque intervenant, dans une démarche de qualité web, par des formations répétées, exemples de code do/don’t, bibliothèque de composants accessibles, tests automatisés, vrai dev front, code review, audits flash, quick wins, alliance avec le SEO, checklist design… À propos, rappelons ce très chouette thread de recos illustrées, notamment UX/UI (que je traite très semblablement dans la formation dédiée : Design d’interfaces accessibles : concevoir pour tous les utilisateurs).

Les deux orateurs portent fièrement un joli tee-shirt « Accessibility Pride » qui auréole l’abréviation « a11y » d’un arc-en-ciel mignon sur fond noir chiné.
Photo Paris Web

Partage de pratiques

Contente de retrouver dans leur témoignage ce que je pratique et promeus aussi dans la vraie vie des projets, je me sens moins seule et je plussoie joyeusement ! C’est aussi ça, Paris Web : en partageant nos pratiques, s’émuler les uns, les unes et les autres. Et c’est justement ce qui me manque le plus à distance : la richesse des discussions entre les conférences, les échanges avec les orateurs et oratrices, les retrouvailles avec la communauté… Heureusement, j’en profite le lendemain, en participant aux ateliers :)

J’ai particulièrement apprécié celui de Stéphanie Walter et Laurence Vagner : On vous ment, on vous manipule — à la découverte des biais cognitifs. C’était très rigolo de découvrir les biais via un jeu de 52 cartes et de se les approprier en faisant la promotion d’une licorne qui en présentait un maximum… Trop biais !


Plein d’autres sujets étaient intéressants, bien sûr, mais peu nouveaux pour moi : modèle qualité VPTCS, design éthique, écoconception web, design system, ITCSS, facilitation graphique… mais toujours pas d’agilité ,(

Voir en ligne : https://www.paris-web.fr/2019

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