Mon grand-père est mort

3 avril 2005,
par Romy Têtue

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Chez lui, cette nuit, vers 23 heures, couché dans son lit, il a arrêté de respirer. Ça faisait trois jours qu’il ne trouvait plus son souffle, le voilà soulagé. Il a bien mérité ce repos.

Quatre-vingt douze ans, vaillant, et toute sa tête. Une vie dont il n’a pas à rougir. La guerre. Plus de soixante ans de mariage heureux. Son doigt en moins, perdu lorsqu’il était apprenti. Un homme qui a entreprit sa vie, travailleur consciencieux, bricoleur intelligent, commerçant apprécié. Un humain ouvert au monde, curieux de l’étranger, convivial. Un esprit libre, sans dieu ni maître. Un grand-père dont je suis fière, et qui me fit office de père aimant.

Je croyais mourir de chagrin en apprenant sa mort. Je supposais que je n’arriverais pas à y croire, encore moins à m’y faire... Il a toujours été là, égal à lui-même, et je le souhaitais immortel.

Je suis heureuse : il est parti comme il a vécu, en regardant devant lui, et me laisse au cœur un paquet de bonheur et la chance d’être sa petite-fille.

Puissé-je à mon tour vous partager ce cadeau.

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