Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais je reçois tout un tas de pétitions dans ma boîte à mails. L’une pour aider les femmes Afghannes, l’autre en soutien à l’action engagée par les intermittents du spectacle... Alors, je signe, je signe, et je fais passer... Bien sur, parce que j’ai envie de signer. Et de faire passer.
Mais réfléchissons un peu : à quoi ça sert ?
Signer une pétition par mail, en quoi cela est-il efficace ? Comment ça fonctionne ? Quelle est la valeur d’un nom rajouté à une liste, sans signature manuscrite, sans aucune preuve ?
Une feuille de papier, on y appose sa signature, on discute avec celui ou celle qui nous la propose. Pas un mail. Sur Internet où tout peut être virtuel, il est facile d’inventer 50 noms bidons, de les ajouter comme autant de signatures, de renvoyer le mail à son expéditeur, et le tour est joué. Facile même d’inventer une fausse pétition et de la mettre en circulation... et elle peut circuler indéfiniment, encombrant inutilement le réseau.
Sait-on quelle utilisation va être faite de la pétition que l’on vient de signer par mail ? Que deviennent les 20, 50 ou 150 noms ? Comment distinguer une pétition pipeau, un canular, d’une pétition bien réelle ? De quel organisme émane-t-elle ? À quels sites se référer pour en savoir plus ? Pour connaître l’utilité d’une telle pétition, et donc de ma signature ? Pour savoir à qui elle sera communiquée ?
Cela est très rarement mentionné dans les mails-pétitions. On peut y lire l’histoire poignante d’une jeune fille africaine condamnée à mort par lapidation, s’insurger contre les horreurs que connaissent les Afghannes [*], les difficultés dont souffrent les intermittents du spectacle... et après ?
Il faut bien distinguer pétition par e-mail et pétition sur un site web : la première n’a aucune validité contrairement à la seconde.
Compatir, se révolter, ou dire son soutien est chose facile. Agir en est une autre. Signer à plusieurs, c’est déjà agir un peu. À condition que cela soit entendu, à condition d’être sûr que cela serve à quelque chose. Alors en signataire motivé(e) et inquièt(e) d’être utile à quelque chose, posez-vous ces quelques questions avant de signer une e-pétition, pour ne pas faire que brasser du vent et s’apitoyer vainement.
- Un exemple d’e-pétition bien faite : Pourquoi être encore féministe en 2000 ? Ce n’est pas un simple message mail, c’est carrément un site web. On peut y lire le manifeste, la liste des signataires, signer en ligne, et demander plus d’explications à la webmestre, qui répond.
- Autres sites : lapetition.com, manifs.net
- Et pour éviter les canulars, ayez le réflexe de consulter hoaxbuster.com
[*] HoaxBuster considère la pétition pour les femmes Afghannes comme un hoax (canular) : Il ne s’agit nullement ici de contredire le fond du message incriminé, mais bien la méthode employée. (...) Il ne faut pas confondre pétition à signer par e-mail et pétition sur un site web. La première solution étant fatalement vouée a l’échec, la deuxième solution pouvant avoir une portée bien plus grande.
Lire la suite : Comment camoufler un hoax derrière une cause juste ?
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Vos commentaires
1. Le 18 janvier 2008 à 20:51, par ?
En réponse à : Les pétitions par mail : à quoi ça sert de signer ?
astahoff veronique luppy 57580
2. Le 18 janvier 2008 à 20:54, par ?
En réponse à : Les pétitions par mail : à quoi ça sert de signer ?
on ne peut pas rester sans rien faire
3. Le 7 septembre 2009 à 20:50, par Romy Têtue
En réponse à : Les pétitions par mail : à quoi ça sert de signer ?
Non ! Mieux vaut ne rien faire que mal faire !
Les pétitions par mail, ça ne sert à rien, à part engorger le système mail et emmerder le monde. Par pitié, arrêtez !
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