Le Johnny du mail (2)

28 décembre 2005,
par Romy Têtue

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Mon Johnny n’a toujours pas compris, et cela fait maintenant 5 mois qu’il continue d’usurper mon adresse e-mail. Mais ce soir, miracle, j’arrive à lui parler au téléphone !

Ce soir, je reçois à nouveau, à quelques minutes d’intervalle, trois messages adressés à mon Johnny. Réalisant qu’il doit être chez lui sur son ordi en train de sévir, là, maintenant, je me rue sur le téléphone, munie du numéro trouvé sur l’un de ces sites, dans l’espoir d’avoir enfin un interlocuteur humain au lieu de son stupide répondeur (cf. : Le Johnny du mail). Ça décroche en effet, et une voix féminine me répond.

— Bonsoir, je vous appelle parce que vous vous trompez d’adresse e-mail : comme c’est la mienne que vous communiquez à d’autres, je reçois les messages qui vous sont destinés. C’est un peu embêtant et…
— Quel genre de messages ?
— Euh… peu importe… Ce soir j’ai reçu un devis d’assurance santé, avec identifiant et mot de passe, et aussi une confirmation d’inscription à un « grand jeu en ligne », pour gagner croisière, iPod ou bons d’achat…
— Ah. Ben, il suffit de me les renvoyer…
— euh !?!

Alors ça, c’est la meilleure ! C’est elle qui se trompe (et qui m’emmerde) et je devrais gentiment lui faire suivre son courrier ?

En plus, si on y réfléchit deux secondes, quand bien même je serais assez poire pour accepter de lui renvoyer son courrier au fur et à mesure, je ne le pourrais pas, puisque la seule adresse e-mail que je lui connaisse à cette dinde, ben, c’est précisément celle qu’elle utilise par erreur, c’est-à-dire la mienne.

Et me prendrait-elle pour les GRS à présupposer que je sache cela aussi bien qu’elle ? En effet, elle ne s’est même pas étonnée que je connaisse son numéro de téléphone, ne m’a même pas demandé qui je suis, d’où je sors, comment je la connais et de quoi je me mêle. Non. Que je connaisse son identité et ses coordonnées, ça ne la surprend pas le moins du monde.

J’opte donc pour une réponse courte qui va droit au but :

— Ce serait plus simple si vous retourniez sur ces sites pour changer l’adresse et mettre la votre !
— Attendez, j’vais vous passer mon fils.

Ah, me dis-je, le fauteur de trouble est donc son fils.

Une mâle voix mutante d’ado semi-viril pousse un « Allo… » gluant de paresse et qui sonne comme « Fech’ la vioque… ». J’expose à nouveau le problème. Il ponctue d’onomatopées molles, puis conclut, nonchalant :

— Ben, elle doit se tromper quand elle tape son adresse e-mail.

Merci, j’avais compris ! C’est bien pour ça que j’appelle, tiens, au fait. Pour finir, il marmonne, non sans une grande lassitude :

— J’vois pas ce que j’ai à voir avec ça… Je vous repasse ma mère.

Diable ! Cette famille est pire qu’une hotline où on balade le neuneu d’un poste à l’autre. Bientôt ils vont me passer le chien — entre nous, je parierais qu’ils l’ont appelé Johnny. J’essaye un peu d’éveiller les esprits et de concerner tout ce beau monde :

— Vous savez, ça commence à bien faire : je reçois vos messages depuis le mois d’août ! Mais c’est aussi pour vous que j’appelle, parce que je reçois vos codes secrets. Quand c’est pour des jeux de lotos, c’est pas bien grave, mais quand c’est ceux de votre compte bancaire en ligne… Ça ne vous manque pas de ne pas les avoir ? et que ce soit quelqu’un d’autre qui les reçoive ? Ça pourrait être grave pour vous !
— C’est-à-dire… je crois que je me trompe. Je dois taper .com au lieu de .fr. Vous pouvez pas me les renvoyer sur .com ?

Mais qu’est-ce qu’elle me chante ? Vu le nom de domaine de mon adresse, qui n’existe pas en .com, ça ne peut pas être ça. Je commence à réaliser qu’elle n’y comprend strictement rien. Et à me demander, de fait, comment elle parvient à s’inscrire à autant de sites et prendre des engagements, plus ou moins sérieux, avec ceux-ci… Elle reprend :

— Je crois que je vais changer d’adresse e-mail, ce sera plus simple.
— Mais ce n’est pas nécessaire, il suffit d’utiliser la votre ! C’est quoi votre adresse e-mail ?
— Ben, la même que la vôtre !
— Euh… non. C’est comme si vous me disiez qu’on a le même numéro de téléphone. Ce n’est pas possible.
— Ah bin la même mais en point chose, alors…

Je vais devenir folle. L’urgence est maintenant pour moi de raccrocher au plus vite. Elle me fait toutes ses excuses et promet de faire le nécessaire, même si j’ai bien compris que je ne peux pas compter sur elle pour que ça change. Il faudra que je m’y prenne autrement. Mais comment ? Tiens, si vous avez une idée lumineuse, aidez-moi !

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Vos commentaires

  • Le 21 mars 2006 à 11:13, par comradE Ogilvy En réponse à : Le Johnny du mail (2)

    Dans Mail, menu Message : Renvoyer (Shift-commande-B).
    Ça renvoie le message

  • Le 10 avril 2006 à 19:54, par Claude Aznar En réponse à : Le Johnny du mail (2)

    Plouf ! Le lien « JunkMatcher » est mourru,

    ici s’interrompt mon surf effréné... snif.

    J’me souviens de cette histoire, amusante oui.

    Beaucoup d’articles passionnants & une rédaction aussi stimulante qu’agréable.

    ho ! autre détail l

  • Le 30 juin 2006 à 14:22, par jc En réponse à : Le Johnny du mail (2)

    Euh... tu supprimes cette adresse et t’en crées une autre ? en tous cas j’ai hâte de lire Le Johnny du mail (3)

  • Le 5 février 2007 à 12:36, par Romy Têtue En réponse à : Le Johnny du mail (2)

    Non, il est hors de question de supprimer cette adresse pour en recréer une autre, puisque celle-ci est liée à un espace d’hébergement où tourne un site Web (depuis 2001).

    Pour la suite, voir par ce post sur le forum des Freenautes : « Usurpation d’e-mail : quel reccours ? »

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