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Le féminisme : question de femme ou question d’âme ?

9 mai 2008,
par Romy Têtue


Tel est le titre du dernier article de Sistoeurs.net, dont je vous recommande la lecture. À travers le témoignage de l’auteure, Séverine Capeille, le texte dresse le portrait tout en nuances d’un féminisme qui peine à se dire bien qu’il soit évidemment toujours nécessaire. Un féminisme qui nous ressemble, nous, la génération d’après, les filles et petites filles de féministes, les trentenaires d’aujourd’hui, les héritières du MLF.

S’il fallait, dans mon monde aux journées toujours trop courtes, lire en diagonale, un surligneur à la main, voici ce que je retiendrais :

Le féminisme, pour moi, c’est maman. Elle sait remplacer les tapisseries des murs, repeindre les plafonds, monter les meubles en kit de chez Ikéa ou Conforama, changer les pneus de sa voiture (...) Il faut généralement un long moment pour tout détailler.

(...)

Le féminisme, je suis tombée dedans, et je ne pouvais rien y faire. Il n’y avait pas d’hommes dans la famille. Une fuite généralisée des pères. (...) Le féminisme, c’était mamie, tatie et maman. Oui, le féminisme, c’était elles, et moi… (...) Moi enfin, quand je suis allée à l’hôpital pour avorter.

Rien de bien particulier. Grandir au sein de femmes émancipées qui répètent inlassablement la nécessité d’« être indépendante financièrement » (...) Je suis née trop tard. Après le MLF, après Simone de Beauvoir. Je ne connais pas ce sentiment d’infériorité qui devrait me faire hurler avec les chiennes.
(...) Entendons nous bien. Les éléments autobiographiques de ce texte appuient mon sentiment selon lequel il y a autant de sortes de féminismes qu’il y a de femmes.

(...)

Les féministes ? Mais de qui parle-t-on exactement ? Quelle femme ne peut se dire « féministe » en regardant la définition du terme : « Mouvement social prônant l’émancipation de la femme face à l’homme » ? Quelle femme, mais aussi quel homme digne de ce nom, pourrait regretter l’époque où il avait le droit de vie ou de mort sur la mère de ses enfants ? Le féminisme, pour une femme de ma génération, c’est évident. Cependant, la définition du dictionnaire est lacunaire.

(...) Quand une femme qui passait par là (...) conclut sur la « solidarité féminine » qui l’anime. Là, il faudrait qu’on m’explique…
(...) Il y a beaucoup de femmes dans notre gouvernement. Elles ne cessent d’ailleurs de mettre cette particularité en avant. Mais font-elles une politique « féministe » pour autant ?

(...)

Je crois à la force du langage pour combattre la violence et laisser place à des sentiments empreints d’humanité. Je crois à un féminisme de con-bat, non pas celui qui passerait par une consommation effrénée de mâles mais par un rapprochement avec la gent masculine afin de permettre à ce mouvement de se transmuer en une puissante force humaniste, et de s’élancer à l’assaut de toutes les inégalités. Et pour finir, je crois en celles qui m’ont élevée, pour qui « devenir femme » importe moins que d’être « quelqu’un de bien », ou au moins d’essayer…

Que ces morceaux choisis ne vous privent pas de la lecture du texte intégral. Magnifique. À lire. Et relire. Prendre le temps de relire.


Le féminisme : Question de femme ou question d’âme ?, article de Séverine Capeille, publié dans Le Sarkophage n°5 en date du 22 mars 2008.

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