La colocation est à la mode

...à la TV, pas dans la réalité !

19 avril 2004,
par Romy Têtue

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Popularisé par la série Friends [1], la colocation ferait de plus en plus d’adeptes parmi les étudiants et les jeunes salariés des grandes villes. Je dis bien : « ferais ».

Au prix où est le m2 en région parisienne [2], la colocation apparaît être la solution idéale. La moindre chambre de bonne se loue à partir de 130 € mensuels, charges non comprises, et il ne faut pas s’attendre au grand confort pour ce prix-là : 9 m2 sous les toits, sixième étage sans ascenseur, WC voire douche sur le palier, etc... Dans ces conditions, partager un loyer à plusieurs permet d’accéder à un appartement de plus grande surface offrant davantage de confort.
Cela tombe sous le sens.

Ce mode de vie, déjà présent dans les pays anglo-saxons depuis des dizaines d’années, est donc à la mode : on en parle, on l’envisage... Mais côté réalité : nada. Peu d’annonces proposent des appartements de surface suffisante, et très peu de ceux-ci présentent un agencement propice à une colocation (chambres indépendantes). Quand aux propriétaires et agences immobilières, le seul mot de colocation les fait frémir et coupe net la conversation, alors qu’en toute logique il devrait plutôt les intéresser : avoir plusieurs locataires dans un seul appartement augmente la garantie de voir le loyer correctement payé.
Ils semblent s’imaginer que colocation signifie bande de jeunes étudiants immatures et fieffés fêtards, grands consommateurs de Kro & pizza, incapables de faire le ménage et de prendre soin du bien loué. Ils craignent sans doute un important turn-over des colocs, à ne plus savoir qui est l’interlocuteur principal, ce qui est bien embêtant en cas d’impayé... effectivement ceci peut se produire avec un simple contrat de location doublé d’une pratique (illégale !) de sous-location, qui est la porte ouverte à toutes sortes de mauvaises surprises.
Mais les proprios ignorent qu’il existe un « contrat de colocation ». Celui-ci est d’ailleurs le seul valable en cas de colocation. Il établit clairement les responsabilités : chaque colocataire est engagé de façon égale, et est donc également responsable du bon paiement des loyers (cela multiplie d’autant les responsables, les sources de revenus et les cautions solidaires [3]). Ce qui, finalement, rend la chose très intéressante pour un proprio, s’il prenait le temps de reconsidérer la chose. Car on a rarement l’occasion de développer ces arguments face aux proprios qui, quand ils ne raccrochent pas au nez, ne souhaitent pas modifier leurs bonnes vieilles habitudes. Il faut les comprendre : pourquoi réfléchir quand on a la certitude de louer un bien en moins de 24 heures (à Paris) puisque pour un appartement à louer, six demandeurs (en moyenne) se pressent à la porte ?

Trouver un appartement colouable est une chose, trouver un propriétaire qui ne s’oppose pas à la colocation en est une autre.

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Vos commentaires

  • Le 14 février 2008 à 14:31, par ? En réponse à : La colocation est à la mode

    pas de pitié pour les colocataires

    redressement fiscal (sa fait mal)

    • article boi 5b-705
    • article boi 5b-8-04
  • Le 9 janvier 2011 à 17:04, par kika france En réponse à : La colocation est à la mode

    comme proprio je peux dire que j ai fonctionné avec la co-loc et je n’ai eu que des voleurs, tricheurs, menteurs et mauvais payeurs,
    que ce soit des étudiants surtout étrangers, jeunes qui travaillent, ou vieux en cours de séparation, c’est un enfer
    même avec le contrat de coloc
    c’est le bordel assuré.............
    les coloc pensent que le proprio s’en met plein les poches, ils oublient
    que le loyers qu’il versent n’est pas net
    a bon entendeur salut

  • Le 22 décembre 2014 à 15:52, par Durand En réponse à : La colocation est à la mode

    Dans l’Ouest de la France et plus particulièrement à Toulouse, ce mode de vie est particulièrement apprécié, surtout des étudiants. Je suis dans la profession immobilière depuis quelques années maintenant et je constate réellement que ce phénomène a énormément pris d’ampleur dans la ville rose, première ville étudiante en France, où il fait “bon vivre” ! Et je souhaite notifier que les agences sont de moins en moins réticentes à ce genre de pratique !

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