Journal de confinement

25 avril,
par Romy Têtue

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Tenir un journal de confinement pour ne pas perdre le fil des jours…

Comment faire face à la vague qui s’annonce ? J’ai spontanément ouvert une nouvelle page de mon carnet pour y noter le nombre de décès du coronavirus, qui allait croître, jour après jour, jusqu’à des sommets difficilement imaginables. Avec le réflexe farouche, en vis-à-vis, de me tourner vers les vivants dont cette pandémie allait inexorablement éclaircir les rangs et dont il faudrait bien accompagner les deuils. C’est ainsi que s’est ouvert ce journal des morts et des vivants.

Journal de confinement, premiers jours, illustrés d’un médecin de peste.

En confinement, les jours passent et se ressemblent, à s’y perdre. Tenir ce journal m’aide à ne pas perdre le fil des jours. Un rythme s’est installé : je commence chaque journée en écoutant un peu les infos — une fois par jour, surtout pas davantage, le matin, pour avoir un résumé de la veille — et j’inscris le jour et le nombre de morts des dernières 24h. S’ils se comptent en quelques dizaines au début, la barre des 500 est passée le 31 mars, puis celle des 1000 le 15 avril. Jusqu’à combien ce nombre peut-il croître ?

Peu m’importe le décompte des jours. C’est une autre temporalité que nous vivons, qui n’est plus rythmée par le jour calendaire, mais par le nombre de décès. Nous attendons le point d’inflexion de la courbe.

Je termine en listant, avant de m’endormir, les personnes tendres avec lesquelles j’ai passé un bon moment, malgré la distance. Les vivants sont présents, plus que jamais, et remplissent toutes mes soirées. Certains resurgissent du passé, belles surprises, les ami·es s’épanchent en confidences, la famille se rapproche et les liens se resserrent.

Semaine 3, illustrée d’après cette photo.

Entre ces deux colonnes, suspendues entre les vivants et les morts, quelques lignes, que je relis en fin de semaine pour y surligner 2 ou 3 faits marquants. Un dessin s’y ajoute, avant de tourner la page.

J’ambitionnais publier un billet hebdomadaire sur ce blog, mais je n’ai plus la force ni de lire ni d’écrire. Et nous croulons déjà sous les nouvelles de toutes parts, inutile d’en ajouter. J’ai même délaissé les tweets et les pouets. Mes mots sont rares. C’est en image que je communique finalement à distance, discrètement, via Instagram, où mes proches sont, où s’exprime la créativité de chacun et chacune, réconfortante. J’y partage chaque jour une photo, minuscule et anecdotique, comme un signal que je suis toujours vivante et que ça va, comme ci ou comme ça.

Voir en ligne : https://www.instagram.com/tetue/

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