L’inconnue de la rue Mazagran

6 avril 2012,
par Romy Têtue

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Soudain, un soir, elle était là…

Je fais chaque jour le même parcours, à une enjambée prés, slalomant entre le mobilier urbain, les cycles et poubelles, changeant de trottoir toujours au même endroit, coupant court en travers du carrefour, pour optimiser mon temps, jusqu’à me jeter dans le métro.

Je suis moins pressée le soir. Quand je rentre chez moi, le pas se détend. Je ne sais pas ce qui a attiré mon regard, ce qui m’a fait tourner la tête. Une présence. Elle se tenait là, sortie du mur, dans sa petite robe rouge à pois, chaussettes blanches dégringolantes, l’air de rien, mais cagoulée, une bombe dans chaque main…

Explosion d’émotion brute, abstraite, lyrique. Fière.

Je l’ai prise en photo, malgré la nuit tombée, prévoyant de trouver le temps, le lendemain, sur mon trajet de speedée matinale, de mieux la regarder et d’en tirer un portrait plus digne.

Mais ils étaient déjà en train de l’emmurer vivante, mon Antigone ! Je suis arrivée au moment où les ouvriers, bourreaux bien matinaux, lui montaient les carreaux sous le menton. J’ai attrapé son regard, si obstiné, avant de fuir, honteuse de ne rien pouvoir empêcher.

De l’inconnue de la rue Mazagran, il ne restait plus rien, au soir, qu’un mur de faïences biseautés comme celles du métro, mais en noir et vert foncé, devanture d’un nouveau bar à la mode, aussitôt détesté.

Voyez-vous encore, comme moi, son regard transpercer la faïence ? Qui était-elle ? L’aviez-vous connue ?

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