Intégration : le flop de Clubic

2 mars 2016,
par Romy Têtue

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Plus besoin du métier d’intégrateur, prétend Clubic : Entre WordPress qui propulse un quart des sites Web dans le monde, et les solutions e-commerce clé en main comme Prestashop, il est devenu de plus en plus facile de monter un site Web et de l’administrer. Dans une logique de service, les mises à jour et le support sont assurées par les tenants de ces CMS, et il n’y a plus tant besoin d’intégrateurs Web en interne. Sans parler du recours à l’“offshore”. Penser que les CMS et l’offshore suffisent à fabriquer des sites, c’est ignorer l’importance de l’intégration. Et méconnaître la réalité technique d’un site web.

Car une grande partie des problèmes (de perf, de SEO, d’accessibilité) des sites web est causée par un mauvais balisage HTML — que celui-ci soit généré par les « solutions clé en main » et/ou par des développeurs incompétents —, c’est-à-dire par un mauvais travail d’intégration. La preuve ? Cette page de Clubic elle-même.

Impossible, quand on lit cela, de résister à la tentation d’ausculter un peu la page en question… Le W3C validator signale 44 erreurs de code — ça faisait longtemps que je n’avais pas croisé une page en HTML5 avec autant d’erreurs ! — : attributs HTML fantaisistes, obsolètes, manquants… Un rapide coup d’œil au fichier source révèle des liens vides, des formulaires sans étiquettes, une hiérarchie de titres incohérente… bref, un code HTML tout bancal.

L’article tel qu’il s’affiche sur écran de bureau (dans Chrome) et son étrange hiérarchie de titres…

Ça ne vous parle peut-être pas, mais un codage n’est pas qualifié de « mauvais » juste parce qu’il défriserait quelques esthètes du code, mais bien parce qu’il est dommageable pour le site et consécutivement pour ses visiteurs. Car oui, cela n’est pas sans conséquence. Concrètement, voici ce que ça donne dans mes outils de consultation habituels :

La même page sur iPad : elle ne se charge que très partiellement dans Safari et affiche carrément un autre texte dans Readability, me parlant du « Flop 1 : Technicien télécom » sur la page du « Flop 2 : Intégrateur Web » ! Pourquoi ? Parce qu’elle est trop lourde et mal structurée.

L’audit Dareboost pointe 14 autres problèmes : de SEO, d’optimisation… Obèse, cette page de 2 Mo met 10 secondes à s’afficher ! En résumé, ce site qui n’est même pas responsive est difficilement consultable sur smartphone, tellement lourd à charger que la page reste tronquée sur ma tablette, tellement mal structurée sémantiquement que le contenu se dégrade dans d’autres outils de consultation…

Bref Clubic a besoin d’aide en intégration. C’est-à-dire d’un intégrateur. Mais aussi de journalistes mieux informés. Car c’est tout le contraire de ce que j’entendais hier matin, en rendez-vous chez un de ces clients qui en reviennent, du « tout CMS » et autres panacées, et désespèrent recruter un intégrateur compétent, c’est-à-dire sachant coder proprement en HTML, pour éviter les flops en référencement, en accessibilité et en performance.

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