Hanna, conte merveilleux

BO des Chemical Brothers

13 janvier 2012,
par Romy Têtue

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Contrairement à ce qu’en disent certaines critiques qui le qualifient de « clipesque » avec des « bastons chorégraphiées la veille du tournage », Hanna est un film merveilleux. Je ne cesse, depuis ce weekend, de m’en repasser certaines scènes, jute pour le plaisir, en partie à cause de la bande son… et pour cause : elle est des Chemical Brothers ! Trop envie de vous partager ça !

Ce film est l’occasion d’un étrange périple, qui nous fait traverser les frontières comme un immigré clandestin, du Maroc jusqu’à Berlin, en passant par l’Espagne et le nord de la France. « Adapte-toi ou meurs », tel est le message principal du film, que le père adresse à sa fille, élevée pour tuer. C’est un parcours initiatique, tant de l’adolescence que de l’immigration, qui évoque surtout la difficulté à s’adapter à une culture et des codes sociaux que l’on ne connaît pas. Car Hanna a grandi isolée du monde, en pleine forêt, dans un coin inhospitalier de Finlande, sous le cercle arctique. Quel décalage avec la vie qu’elle partage soudain dans cette famille ordinaire, tendre et si insouciante !

Certains lieux, certaines images sont inoubliables, comme la maison enchantée des frères Grimm ou l’arrivée d’Erik Heller à Berlin, lorsqu’il passe devant ces graffitis et affiches aux grands yeux ; étrangement saisissantes de littéralité, quand elle se jette « dans la gueule du loup ». C’est un conte de fées contemporain, où l’héroïne est une Alice au pays des merveilles, qui ne connaîtra la liberté qu’après avoir terrassé la méchante sorcière Marissa Wiegler…

Se jeter dans la gueule du loup...

Ma scène préférée est celle où l’on voit chaque membre de la famille isolé dans des containers juxtaposés, comme des rats de laboratoire dans leurs cages, tandis qu’un skinhead désœuvré leur danse par dessus la tête, sur cet air siffloté qui constitue le thème du film : ça vire presque à la comédie musicale, délicieusement rétro et comme recolorisée, mais avec un brin de sadisme orange mécanique, qui fait grincer des dents.

Tout ça sur un rythme pulsatile angoissant, sourd et puissant — celui de la matrice qui a générée ce monstre ? — et de petite ritournelle enfantine — en souvenir de l’air fredonné par sa mère biologique ? Magnifique. Au final, je ne sais plus si j’écoute un film ou si je regarde un album, me délectant autant de l’un que de l’autre.

« La BO d’Hanna surprend l’oreille et devrait ravir les fans de musique électronique, les fans de Chemical Brothers et les fans de bandes originales vraiment originales, sans déchets et qui s’écoute même sans avoir vu le film. Un incontournable dans son genre. »

Les kakous blasés jugeront que, tant qu’à faire dans la BO électro, les chorégraphies ne valent pas celles de Matrix, mais je préfère. Les chorégraphies des combats ont été adaptées d’après les souhaits du réalisateur : Il m’a demandé d’éviter un style de combat trop spectaculaire pour Hanna ; il voulait qu’elle se batte avec des mouvements simples et réalistes qui peuvent être utilisés pour se défendre. En évitant de trop esthétiser, le film préserve une proximité troublante, nous reste familier et est d’autant plus inquiétant. Ce n’est surtout pas le même sujet. Sometimes children are bad people too…

Voir en ligne : http://www.hannathemovie.com

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Vos commentaires

  • Le 13 janvier 2012 à 16:39, par fpbf En réponse à : Hanna, conte merveilleux

    Un film tout en décalage et en clins d’œil. Un road movie/conte/d’action, mais multilingue avec des morceaux presque empruntés à Tony Gatlif : cf. les femmes qui chantent au bord de la rivière, la scène de flamenco, la place de la musique dans le film.

    Un film clipé ?

    C’est sans compter le plan séquence de 3 minutes de l’arrivée d’Érik Heller en bus à Berlin à sa sortie du sous-terrain, un plan séquence probablement rafistolé entre les piliers, mais malgré tout impressionnant.

  • Le 18 janvier 2012 à 00:00, par Bruce Kraft En réponse à : Hanna, conte merveilleux

    Tout comme toi je reste encore très surpris en revoyant ce film et disons le tout net c’est une des grandes satisfactions de l’année 2011. Frais et original.

    Merci pour le lien c’est vraiment sympa ;)

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