Et pourquoi pas une « Women Pride » ?

24 juillet 2001,
par Romy Têtue

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Il y a encore peu, je ne me souciais guère de cette journée, et je ne savais même pas vraiment ni où elle se situait dans le calendrier, ni ce qu’elle représentait.
J’ai commencé à y être sensible lors de mon entrée dans le monde du travail, parce mes collègues masculins ont pris soin de me la signaler sous la forme d’une recrudescence de blagues et taquineries plus ou moins sexistes, en fin de compte assez désagréables.
Il faut que ce jour soit bien mal investi pour que des malotrus y trouvent l’occasion de se montrer plus sexistes qu’à l’ordinaire !

Et effectivement, il ne se passe pas grand chose. J’essaye de me renseigner : que se passe-t-il ? qui fait quoi ? où ?
Je suis surprise et déçue par le peu d’initiatives et de manifestations pour les journées du 8 mars. Puisqu’il existe une « Journée des Femmes », pourquoi celle-ci est-elle si peu fêtée ? Pourquoi n’existe-t-il pas quelque chose de plus spontané, de plus vaste, de plus partagé ? Pourquoi n’est-on au courant de rien ? J’ignore tout des relations entre les différents mouvements et associations de femmes, de féministes, mais cela m’apparaît de plus en plus comme de lointaines tours d’ivoires, qui agissent chacune dans leur coin, en s’ignorant les unes les autres.
L’information ne passe pas, et il est particulièrement difficile de se tenir au courant. Bref, je fini par me sentir un peu seule et isolée avec mon envie de bouger et d’investir la place pour ne plus la laisser vide, pour ne plus la laisser à la disposition de messieurs archaïquement sexistes. Au lieu de me farcir leurs sarcasmes, je préférerais être occupée à faire un peu la fête, à faire un peu la fière, tiens ! oui, pour une fois !

Je ne connais pas l’histoire de cette journée, ce qu’elle commémore, mais face à ces réactions désagréables et provocantes, j’ai soudain envie d’aller voir ailleurs, et de trouver meilleure compagnie ce jour-là.
Au delà des revendications, et de l’action pour un mieux, il me semble important de savoir aussi prendre le temps de se réunir et de se réjouir ensemble, de fêter certains acquis, d’être fière(s), et de renforcer par là la solidarité, la sororité [1], et aussi les rapports homme-femme...
Une revendication, si légitime soit-elle, trouve toujours ses détracteurs (ou pire : un silence médiatique pour toute réponse). Une fête a une certaine générosité, qui invite, qui permet de fédérer.
Je rêve du jour où le 8 mars sera l’occasion d’une manifestation telle que le passage de la Marche Mondiale des Femmes à Paris. Mon cœur était en fête lorsque je marchais en solidarité avec les femmes du monde entier. Mon sentiment était joie et fierté. Et les banderoles et tracts ne manquaient pas. Des jours comme celui de la Marche Mondiale des Femmes, j’en veux encore. Ça fait du bien, ça recharge les batteries et on en repart toute guillerette.

Il me semble qu’il suffirait d’ouvrir un site web dont le seul but serait de collecter les projets, envies, initiatives en vue du prochain 8 mars, en vue d’établir et donc de communiquer un programme des manifestations et c’est ce que j’ai finalement fini par faire ! Voir le site du 8 mars.
Et pourquoi pas, à terme, organiser une véritable Women Pride (de la même façon qu’il existe une Gay Pride) ? Avec un soupçon de fierté et un zeste de festif... on peut rêver !

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