Comment devenir ergonome UX ?

9 août,
par Romy Têtue

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Plusieurs me demandent dernièrement comment devenir ergonome ou UX designer. Ces profils sont effectivement de plus en plus recherchés. Si ce n’est pas votre futur métier, ça peut être une corde de plus à ajouter à votre arc de dev front, de graphiste ou d’expert a11y.

Sans prétendre avoir la bonne réponse, parce qu’il n’y en a pas qu’une, et sans chipoter sur la dénomination (ergonome ou UX designer, osef), je peux au moins témoigner de ce qui m’a forgée, en partant du principe que si vous me posez la question, c’est que vous souhaitez vous orienter vers quelque chose qui ressemble à mon job actuel, c’est-à-dire l’UX design ou conception centrée utilisateur/trices.

Comment se former ? Quels livres potasser ? Quelle formation suivre ?

Je ne saurai quelle formation conseiller, faute de les connaître. Autodidacte du Web, je n’ai pas suivi de formation spécifique. Mais j’ai puisé dans mes connaissances en psychologie des formes, en dynamique des groupes, en pédagogie, etc. acquises durant mes études artistiques. Ce qui est certain, c’est qu’il vous faudra des bases en sciences humaines, en socio et/ou psycho. C’est donc ces savoirs qu’il convient de renforcer : s’intéresser aux gens d’un point de vue sociocuturel mais aussi à se qui se passe dans le cerveau humain.

Lectures

Ergonomie web, livre d'Amélie BoucherIl existe désormais plusieurs livres de référence en UX, dans notre langue. Celui que je recommande pour débuter reste Ergonomie web, d’Amélie Boucher, parce qu’assez généraliste et appliqué (au Web), il constitue une bonne entrée en matière. Il a longtemps été mon livre (non pas de chevet mais) de bureau, parce que j’avais besoin de m’y référer quotidiennement.

Alors que j’apprenais jusqu’alors directement en pratiquant, en codant, c’est le seul job pour lequel j’ai eu besoin de lire et relire… Le livre est en effet indispensable car il est impossible de connaître toutes les méthodologies de ce vaste domaine : un guide pratique auquel se référer est donc utile, comme Méthodes de design UX, de Lallemand et Gronier. Un conseil : faites-vous des fiches mémo ! et gardez-les en poche, un peu comme les UX Method Cards, d’UX Republic.

Complétez par la lecture d’articles en ligne, de résultats d’enquêtes, d’études, de guidelines… à commencer par les articles de Jacob Nielsen, de Luke Wroblewski, sans oublier le bloc-notes UX de Raphaël Yharrassarry. Ooh, allez tout de suite découvrir les UX Myths ;)

Workshops

Contrairement au développement, par exemple, qui peut s’apprendre en ligne, à distance et de façon autonome, la participation à des ateliers présentiels est indispensable pour éprouver et comprendre les méthodes UX : participer à un tri de cartes ou à un atelier de co-conception reste la meilleure façon d’apprendre comment en conduire soi-même.

Pour cela, ne ratez pas les FLUPA UX Days, rendez-vous des professionnels de l’expérience utilisateur ! Les ateliers Sudweb, la « conférence web super humaine », ont été fondateurs pour moi, tant pour l’ergonomie que l’agilité.

Quels outils ? Quelles pratiques ?

Pour les outils, je n’ai qu’une seule recommandation : papier et crayon (respectivement sans ligne et avec gomme). Très sérieusement. Y’a pas mieux pour prendre des notes lors d’un entretien utilisateur, dessiner rapidement des schémas, organigrammes, mindmap… Faites des croquis, des croquis et encore des croquis ! J’utilise aussi beaucoup le tableau blanc effaçable et les post-its.

Observer la personne utiliser en prenant des notes

Ajoutons un smartphone qui permet d’enregistrer (photo, audio, vidéo, chronomètre) les propos des utilisateurs, leur comportement, plutôt que se fier à sa mémoire, au risque d’interpréter et déformer.

Pas nécessairement besoin de logiciels spécialisés. Ceux de maquettage (comme Axure ou Balsamiq) permettent seulement de mettre au propre avant livraison, si besoin, mais l’essentiel du travail se fait avant et après. L’ordinateur n’est pas l’outil principal.

Observer les users !

Bien que les photos illustrant ces métiers montrent souvent de jolies maquettes sur ordi dans de beaux locaux lumineux — parce que c’est souvent la seule chose montrable, les interactions avec les users restant confidentielles — ce n’est pas un travail de bureau, mais de terrain. Ce métier se pratique moins assis derrière un écran d’ordinateur qu’à la rencontre des utilisateurs et utilisatrices, dans leur environnement. Cela peut sembler évident, mais mieux vaut le rappeler : on ne fait pas d’ergonomie ou d’UX sans rencontrer les personnes utilisatrices. Comme dit iErgo : L’UX sans utilisateur n’est que pornographie.

Card sorting

Pour s’entraîner, observer les gens depuis une terrasse de café, autour d’un usage en particulier. Vous pouvez aussi vous lancer dès maintenant dans des tests d’utilisabilité, grâce à ces très bons tutos de Maurice Svay : tests Do-It-Yourself et tests Guérilla.

Quelles aptitudes ?

Contrairement à ce qu’on vous demandera peut-être, ce métier ne se résume pas à pondre de belles maquettes bien pensées : ça n’est que la partie visible de l’iceberg. Moi j’en fais parce que j’aime construire l’interface, mais certain·e·s ergonomes et UX designers ne font pas de conception et ne dessinent donc jamais de maquettes, considérant que ça relève moins de l’UX que de l’UI (mais on a dit qu’on ne chipotait pas sur les appellations).

La réalité du métier, c’est d’être confronté à l’humain à longueur de journée. Faut aimer ça. Cela réclame quelques aptitudes qui ne s’énoncent pas en capacité à effectuer telle ou telle activité : empathie, écoute active, neutralité bienveillante, mais aussi rigueur et esprit de synthèse. Autant de qualités personnelles à développer !

Quel métier ?

Ne vous attardez pas sur les titres et appellations, mais sur les compétences, autour du souci commun de l’utilisateurice. Il n’y a pas un unique métier, mais une diversité de profils UX, chacun ayant son domaine de prédilection : idéation, graphisme, interaction, ethnographie, accessibilité, architecture de l’information, mobile, branding, neurosciences… Les uns ont besoin des autres et travaillent en complémentarité, le plus souvent en équipe. À vous d’y trouver progressivement votre place ;)

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Vos commentaires

  • Le 9 août à 10:32, par Le Monolecte En réponse à : Comment devenir ergonome UX ?

    En gros, c’est ce que je fais depuis que j’ai commencé sur Internet : interface homme/machine vue par l’éthologie. Oui, la boite à outils principale, c’est l’éthologie, avec ses méthodologies d’observation des comportements, la psychologie sociale, sur les interactions et les système cognitifs… et comme d’hab’, je n’ai pas su en faire de la valeur ajoutée pour mon boulot.

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