Les professionnels, mais aussi et surtout les familles, déroutés par cette maladie, ont longtemps pensé qu’elle avait une origine psychologique. Si on a pu identifier quelques facteurs déclenchants, ceux-ci n’en constituent pas la cause qui demeure aujourd’hui inconnue.
Ragnagna...
J’ai de la chance (tout est relatif), mes migraines sont régulières : elles surviennent chaque mois, peu avant le premier jour du cycle. Je peux donc prévoir et m’organiser en conséquence.
Les migraines sont donc, dans mon cas, très liées au cycle hormonal féminin (au moment de la chute du taux des œstrogènes). Mais cela ne constitue pas une cause : hommes et enfants sont aussi touchés par la migraine [1].
Stressée ?!
J’aimerais comprendre pourquoi j’ai soudain commencé à faire des migraines à l’âge de 28 ans, alors que je n’en avais jamais fait auparavant.
J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une forme de stress, une conséquence du surmenage, une simple manifestation psychosomatique [2]... mais ce n’est pas très convaincant.
Et si c’était l’inverse ? Si c’était la migraine qui causait stress en angoisse ? Parce qu’on ne peut pas dire qu’appréhender des crises qui surviennent à n’importe quel moment m’ait rendue zen. Et effectivement, dans les premiers temps, paniquée de ne pas comprendre ce qui m’arrivait, j’en faisais davantage et ma panique accentuait les crises.
Le stress n’arrange rien, c’est certain, mais la migraine ne se résume pas à un simple stress : si l’environnement psychologique peut favoriser la migraine, celle-ci reste bien un trouble organique.
À bien y repenser, c’est peut-être survenu plus tôt : je n’en ai qu’un souvenir partiel, mais quand j’étais enfant, ma mère me trainaît de spécialiste en spécialiste pour tenter de soigner (en vain !) ce qu’on supposait être une « sinusite chronique »... n’étaient-pas plutôt des migraines non diagnostiquées comme telles ?
Une maladie héréditaire ?
Les migraines ont souvent un caractère héréditaire puisque 60 à 70 % des migraineux ont un parent ou un grand-parent qui en souffre lui-même. Je viens de découvrir qu’effectivement deux personnes de ma famille en font aussi.
Plusieurs gènes ont été identifiés depuis 1995, mais on ne connait pas tous les gènes incriminés, sauf dans le cas particulier de la migraine hémiplégique familiale [3], dont l’origine génétique est prouvée. Pour les autres migraines, il faudra attendre encore...
Ainsi, on naîtrait migraineux, comme d’autres naissent épileptiques.
[1] Une expertise de l’INSERM datant de 1998 attestait que plus de 6 millions de français souffraient de troubles migraineux, dont trois femmes pour un homme. Les enfants sont également concernés : entre 5 et 8 % seraient touchés, sans préférence de sexe. La migraine n’est donc pas exclusivement féminine. Il est vrai cependant qu’elle est favorisée par les variations hormonales.
[2] Psychosomatique ? comme le prétendent, à tord, certains toubibs peu informés, qui cherchent à se débarrasser du problème ;(
[3] C’est une forme rare de migraine sévère : la douleur est associée à une paralysie temporaire d’un côté du corps (hémiplégie), à des troubles sensitifs et parfois neurologiques (surdité, déséquilibre, troubels visuels, etc...). Cette forme est dite familiale car si l’un des 2 parents est atteint, les enfants ont une chance sur 2 de l’être également.
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Vos commentaires
1. Le 19 novembre 2005 à 19:29, par ?
En réponse à : La migraine classique est héréditaire
« La migraine classique, c’est-à-dire avec aura, est héréditaire mais le mode d’hérédité n’est pas encore précisé. Il en est de même pour certaines formes de migraines hémiplégiques (avec paralysie transitoire d’un côté du corps) dont on a pu déterminer la localisation génétique responsable. Par contre, le rôle de l’hérédité dans la migraine commune, c’est-à-dire sans aura, est beaucoup plus flou. »
FAQ de la ligue belge contre les céphalées
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