Internet, ce réseau de câbles sous-marins

9 février 2016,
par Romy Têtue

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La plupart de nos données transitent sous la mer, par des câbles sous-marins, grignotés par les requins… à cinq yeux.

Nous sommes connectés en permanence, la plupart du temps sans fil… d’où une perception assez irréelle de ce qu’est Internet. Si l’information qui transite est dématérialisée, le réseau est lui bien matériel. Internet ne serait rien sans ses tuyaux, câbles, routeurs et serveurs. On l’oublie, mais c’est d’abord un réseau physique qui relie les ordinateurs entre eux au moyen de câbles. Notamment sous-marins.

Le saviez-tu ? Aujourd’hui, la plupart des télécommunications mondiales transitent, non par les cieux, mais sous la mer. Plus précisément par des câbles, près de 300, posés sur le plancher océanique. La technique de pose n’a pas beaucoup changé en 150 ans, depuis les premiers câbles télégraphiques sous-marins : un navire traverse l’océan en débobinant le câble derrière lui, qui coule au fond. Plouf !

Plus rapides et fiables que les satellites, ces câbles transmettent à eux seuls 99 % des données internationales. « Dans un monde où chaque milliseconde compte, l’aller-retour vers les satellites représente une perte de temps inutile », explique Benjamin Bayart.

Carte du réseau

La société TeleGeography cartographie ce réseau, sous la forme d’une carte interactive open source régulièrement mise à jour.

En fait de réseau mondial, l’on y voit que la plupart des câbles relient le continent américain, l’Europe et l’Asie. Le continent africain reste très peu connecté : seulement 7 % de la population africaine est internaute contre 75 % d’américains et 50 % d’européens. Notre monde est loin d’être complètement connecté et la société de l’information n’est pas si globale. La géographie du réseau se calque sur celle de l’économie mondiale.

Gare aux requins !

Ce réseau n’est pas sans fragilité. Comme le rappelait un buzz récent, inutilement alarmiste, les requins grignotaient les premiers câbles numériques posés, à la fin des années 1980. Ceux-ci ont depuis été renforcés d’une gaine protectrice. La corrosion naturelle et l’activité volcanique des fonds sous-marins menacent davantage les câbles que les squales. Saviez-vous que premier krach de l’ère de l’information a déjà eu lieu ? en 1929, juste après le krach boursier fameux, quand un tremblement de terre a détruit le premier réseau de câbles transatlantiques, alors télégraphiques et téléphoniques.

En réalité, la majorité des pannes est causée par l’activité humaine, telle que la pêche, plus rarement les sabotages ou vols de matériel. Les ancres des navires raclant les fonds marins sont soupçonnées d’avoir été à l’origine d’une panne majeure, près d’Alexandrie en 2008.

Mais pire à craindre qu’une coupure, est l’espionnage. Ces câbles acheminant des teraoctects de données intéressent les agences de renseignement. Edward Snowden a révélé que l’agence de sécurité américaine (NSA) écoute plusieurs points d’accès de ces câbles, interceptant ainsi près du quart du réseau mondial. Les requins menaçant Internet ne sont tant ceux marins que ceux de la NSA.

Le monstre aux cinq yeux menaçant Internet
Five Eyes ou Cinq Yeux désigne l’alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Voir en ligne : http://www.submarinecablemap.com

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