Des phrases que je déteste entendre...

28 mars 2004,
par Romy Têtue

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Dans la vie, notamment professionnelle, on a des discussions banales, de convenance, avec des gens qu’on n’a pas choisis. Viennent s’y glisser des phrases et des questions ahurissantes dont la récurrence me hérisse le poil.

— Bonjour, comment ça va ?

Je n’arrive toujours pas à m’y faire. Qu’on me souhaite une bonne journée, c’est très gentil et je souhaite joyeusement de même en retour, mais pourquoi me demander comment je vais ? Y’a des jours où ça va pas fort. Et je préférerais m’abstenir de répondre, ce qui indispose systématiquement l’interlocuteur, bien que ma réponse vienne précisément satisfaire sa curiosité. Pourquoi poser ce genre de question si on ne veut surtout pas connaître la réponse ? Je ne comprends pas.

— Et les amours ?

De deux choses l’une : ou j’ai déjà fait état de ma situation amoureuse et dans ce cas-là, je ne vois pas ce qu’il y a à dire de plus, on n’est pas dans un roman à l’eau de rose, Gala ou Voici, mais au boulot, hein ; ou je n’en ai pas fait état, précisément parce que ça ne vous regarde pas. Mes émois sentimentaux, j’en discute avec le concerné, pas avec la terre entière. J’ai horreur des compte-rendus amoureux de copines et autres bavassages à la Bridget Jones. L’amour, c’est comme les frites McCain, moins on en parle, mieux on le fait.

— Comment ça tu n’as pas la télévision !?! … mais comment fais-tu sans télévision ?

Faut-il manquer d’imagination pour ignorer qu’il existe d’autres activités que le zapping et qu’il y a une vie en dehors du petit écran ? Cette question m’inquiète tant elle en dit long sur la lobotomie des téléphages... Cessez de me raconter les épisodes de vos séries télévisuelles de la veille, comme pour me donner une chance de rattraper, et d’essayer de m’apprendre à chanter les génériques des dessins animés de votre enfance : ça ne me manque absolument pas ! Je préfère voir mes amies, aller au théâtre ou au ciné, lire un roman ou une BD... Sortez ! Y’a tout un monde à découvrir !

— C’est quoi ton secret ?

D’abord on me prête un secret... et on voudrait que je le dévoile ? De quoi je me mêle ! Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : il n’y a ni drogue euphorisante, ni enfance merveilleuse, ni religion bienfaisante derrière mon sourire et mes sautillements de gosse heureuse. Je suis juste comme vous, humaine, et j’aime la vie. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures. Quoique... l’absence de télé : serait-ce ça, mon « secret » ?

— Vous les femmes...

Quand j’entends ça, j’ai toujours le réflexe de me retourner, ayant l’impression qu’un troupeau de femmes vient soudainement d’apparaître dans mon dos. Mais non, c’est bien à moi et moi seule que l’interlocuteur s’adresse ainsi. Alors je me souviens que je suis aussi une femme. Et je me demande aussitôt ce que mes seins et mes ovaires ont a voir avec la discussion en cours. Rien... Puis je me pose beaucoup de questions : qu’est-ce que les femmes aurait en commun, si n’est leur sexe, pour justifier une telle généralisation ? Ou plutôt, qu’est-ce que mon interlocuteur du moment nous prête tacitement comme points communs ? Que puis-je savoir, moi, de sa conception des femmes ? Et en quoi ça me concerne ?
Ça ne doit pas être à moi qu’on s’adresse. Ça tombe bien : je n’écoutais plus.

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