Au Café Rey Bastille

19 décembre 2007,
par Romy Têtue

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Je reconnais les têtes. Les tronches de quelques habitués, le sourire de la serveuse, la bouille du patron. Je ne les connais pourtant pas. Cela fait quelques années que j’échoue dans ce café. Je ne sais plus comment j’en suis arrivée à prendre mes habitudes ici. Mais j’aime quand je franchis la porte vitrée. C’est un peu chez moi.

Je trouve toujours une bonne raison d’aller m’y siroter un petit noir sucré comme un moka. Même quand je n’ai pas le temps. Pourquoi ce café ?

Parce qu’il est souvent sur mon trajet entre la gare de Lyon, le salon de coiffure de Soraya, la fameuse librairie l’Arbre à Lettres, l’appart de Kazuko, les délicieux bo bun japonais de Kikoumaru, l’impasse de Charlotte... Parce qu’il est salement enfumé et que si j’étais encore fumeuse, j’aimerais venir m’en griller une, sans gène aucune. Parce qu’il ne la ramène pas. Parce que la serveuse est diablement jolie. Parce qu’il y a du wifi en accès libre et gratuit pour relever les mails et faire un coup de FTP entre deux rendez-vous. Parce que l’ambiance me plaît : à côté des ennuyeux cafés parisiens et autres bars lounge trop tendance, il fait plutôt troquet des cheminots ou estaminet des mineurs. Même pas trop. Parce son brouhaha tient compagnie quand on est seule. Parce qu’on y voit passer les manifs, tranquillement installée derrière la baie vitrée. Parce qu’on est au cœur de l’action, nan, pile juste à côté, au meilleur endroit. Parce qu’il y a aussi des crêpes, en plus du petit noir.

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